L'article du journaliste américain Edward Epstein sur l'affaire du Sofitel n'est pas encore paru mais fait déjà couler beaucoup d'encre samedi 26 novembre (article en anglais ici). L'UMP mais aussi le groupe Accor, propriétaire de l'hôtel new-yorkais, y sont soupçonnés d'avoir joué un rôle dans un éventuel complot visant DSK. 

Pourquoi l'UMP est-elle mise en cause ?

L'investigation menée par le journaliste fait état d'un possible piratage du téléphone de Dominique Strauss-Kahn. Dans la matinée du 14 mai, une amie de DSK, qui travaille de façon temporaire au siège de l'UMP, lui aurait envoyé un message pour le prévenir "qu'au moins un de ses e-mails privés récemment envoyés depuis son BlackBerry à son épouse, Anne Sinclair, avait été lu dans les bureaux de l'UMP à Paris".  

Les proches de Dominique Strauss-Kahn ont confirmé samedi à l'AFP que l'ancien patron du FMI pensait qu'un de ses portables, qui avait disparu, avait été "piraté", au moment où il a été arrêté à New York pour une agression sexuelle présumée contre Nafissatou Diallo, la femme de chambre du Sofitel.

Comment l'UMP réplique-t-elle ? 

En demandant des preuves. Interrogé samedi 26 novembre, en marge d'une réunion des cadres de l'UMP à Paris, sur l'hypothèse d'une "entreprise délibérée" visant à "détruire politiquement" Dominique Strauss-Kahn, Jean-François Copé a estimé que "la ficelle est très, très grosse".  "Tout cela est absolument ridicule, a assuré le député-maire de Meaux (Seine-et-Marne) sur TF1. Moi je veux bien voir des preuves et des faits s'il en y en a (...)."

"Le petit numéro sur le complot à six mois de la présidentielle, on commence à nous le servir sur tous les sujets (...). Au rythme où ça va, je me demande si on ne devrait pas voir, pour le même prix, une certaine responsabilité de l'UMP dans l'assassinat de Kennedy, puisque ce journaliste est spécialiste de l'analyse du complot concernant [cet assassinat]", a-t-il ironisé. Il est vrai que le journaliste est un spécialiste des complots, comme le montre son portrait publié sur Rue89.

Pourquoi le groupe Accor est-il mis en cause ? 

Le journaliste, sur la foi d'images issues des caméras de surveillance de l'hôtel, décrit une "danse de joie" entre un responsable de l'hôtel et un homme non identifié juste après que la femme de chambre eut rapporté son agression présumée.

Autre point mentionné dans l'enquête, les allées et venues de Nafissatou Diallo entre la suite occupée par DSK et une autre chambre située sur le même palier, la 2820. L'employée n'avait pas fait état dans ses premières déclarations à la police de ces déplacements, jugés suspects par le journaliste, pourtant confirmés par sa carte magnétique.

Comment le groupe se défend-il ?

En tentant de démontrer que les informations du journaliste sont fausses. Depuis deux jours, la direction américaine du groupe fait procéder à un revisionnage de toutes les vidéos, révèle le quotidien Le Figaro. Accor n'aurait pas retrouvé sur les bandes de traces de cette "danse", a indiqué samedi au quotidien une source proche du groupe. 

Quant à l'occupant de la chambre 2820, le Sofitel  refuse, pour "des raisons de confidentialité" de communiquer son identité, poursuit Le Figaro. Avant de révéler que, selon une source en contact avec la direction de l'hôtel, "le ou les occupants de la 2820 avaient libéré sa chambre avant le premier passage de la femme de chambre ce matin du 14 mai."