Trois graphes pour comprendre la grogne dans la fonction publique

Les fonctionnaires sont appelés à faire grève et à manifester contre l'austérité ce jeudi. Francetv info revient sur les raisons de cette colère. 

Manifestation contre l'austérité le 15 mai 2014 à Paris. 
Manifestation contre l'austérité le 15 mai 2014 à Paris.  (CITIZENSIDE / CHRISTOPHE ESTASSY / CITIZENSIDE.COM / AFP)

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Dénoncer "l'austérité" et se "faire entendre du gouvernement". Ce sont les mots d'ordre des manifestants qui vont battre le pavé jeudi 9 avril à Paris. Quatre syndicats - CGT, FO, FSU, Solidaires - appellent à la grève et à une grande manifestation nationale après les élections départementales, marquées par la défaite du PS et l'enracinement du FN.

La CGT avance "dix bonnes raisons" pour descendre dans la rue, partagées par les autres syndicats. Les fonctionnaires sont très attendus dans le cortège pour tenter une nouvelle fois d'obtenir une revalorisation salariale, mais pas seulement. A l'aide de trois graphiques, francetv info revient sur les principales raisons de cette grogne.

1Un salaire qui stagne depuis 2010

C'est la principale revendication des manifestants. Le point d’indice, qui sert de base au calcul des salaires des 5,2 millions d’agents de la fonction publique, n’a pas été revalorisé depuis 2010 (en orange, sur le graphique ci-dessous), alors que dans le même temps les prix à la consommation n'ont cessé d'augmenter (en bleu). Résultat, le pouvoir d'achat des fonctionnaires est en berne. 

Pour aggraver la situation, depuis le 1er janvier dernier, les cotisations des fonctionnaires ont augmenté de 0,4%, a précisé la ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique Marylise Lebranchu.

2Des effectifs repartis à la hausse, mais...

L'emploi est un autre motif de grogne. Après une diminution des effectifs de la fonction publique en 2012, les recrutements sont repartis à la hausse, mais celle-ci est notamment due à la création d'emplois aidés, d'une durée de six à vingt-quatre mois.

Pour le reste, des postes ont été créés dans les ministères considérés comme prioritaires (Justice, Police, Education), mais ils doivent être compensés par des suppressions dans d'autres services. Autre inquiétude, la Cour des comptes a proposé en juin dernier de ne pas renouveler 30 000 postes de fonctionnaires partant à la retraite par an, rapportait Europe 1. Une diminution des effectifs qui permettrait de dégager 850 millions d’euros d'économies supplémentaires par an. 

3 Un malaise croissant 

Pour financer le pacte de responsabilité et réduire le déficit public de 50 milliards d'euros, l’Etat a prévu de réduire de 11 milliards d'euros les dotations des collectivités territoriales. Une perspective qui, ajoutée à la réforme territoriale impulsée par le gouvernement, plombe le moral des fonctionnaires territoriaux notamment. Le baromètre "Bien-être au travail" réalisé par La Gazette des communes révèle ainsi qu'en 2014 les fonctionnaires territoriaux sont de plus en plus inquiets pour l'avenir. 

A la question "Diriez-vous que, au cours des douze derniers mois, votre niveau de satisfaction au travail a diminué ?" ils sont 64% à répondre par l'affirmative, contre 56% en 2013.