François Bayrou s'exprime à l'issue du premier tour des législatives, le dimanche 10 juin 2012, à Pau (Pyrénées-Atlantiques).
François Bayrou s'exprime à l'issue du premier tour des législatives, le dimanche 10 juin 2012, à Pau (Pyrénées-Atlantiques). (PIERRE ANDRIEU / AFP)

Une réélection "à portée de main" ? La vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez, se voulait optimiste dimanche 10 juin, après l'annonce des résultats du premier tour des législatives dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques. François Bayrou y a recueilli 23,63% des voix, soit 11 points derrière la candidate socialiste Nathalie Chabanne (34,9%). L'UMP Eric Saubatte arrive 3e position avec 21,72% des voix.    

 

Le MoDem fait grise mine dimanche soir, avec 1,7% des voix au total selon les estimations Ispos / Logica Business Consulting pour France Télévisions et Radio France à 22h30, en chute de six points par rapport à 2007.

Sanctionné pour son vote en faveur de Hollande

"Les raisons de ce résultat sont très claires", a réagi François Bayrou. "Une partie importante de mon électorat traditionnel n'a pas compris, pas accepté ma décision de voter François Hollande au deuxième tour de la présidentielle (...) et les électeurs socialistes ont eux considéré que ce choix ne changeait rien", a-t-il résumé, en constatant "combien il était difficile de tendre la main".

Un échec aux législatives affaiblirait considérablement la position du président du MoDem qui perdrait non seulement une tribune mais également la légitimité que confère un suffrage national. Il ne serait plus que conseiller municipal de Pau. Or, la victoire s'annonce difficile, l'UMP ayant annoncé qu'elle allait proposer à ses instances le maintien de son candidat. 

Un éclatement du MoDem ?

Cet échec pourrait également conduire à un éclatement du MoDem, divisé entre partisans d'une alliance avec la majorité PS, indépendants, et ceux qui voudraient participer à un groupe centriste avec les frères ennemis du centre-droit.

Encore faudrait-il que le MoDem, qui présentait 400 candidats sous le label "Le centre pour la France", ait des élus. Sur les sortants, outre François Bayrou, Jean Lassalle est en ballottage défavorable (26,28% contre 31,99% au PS) et le député de Mayotte, Abdoulatifou Aly, a été éliminé au 1er tour avec seulement 127 voix (0,82%).