Sprays répulsifs, piques en métal ou bancs inconfortables : ces autres mesures "anti-SDF" qui ont fait polémique

Les grilles installées par la mairie d'Angoulême autour de bancs publics ne sont pas la première mesure destinée à éloigner des centres-villes des sans domicile fixe jugés indésirables.

Ces piques en métal destinées à empêcher l\'installation des SDF, ici photographiées le 10 juin 2014 à Londres, existent également devant certains bâtiments français.
Ces piques en métal destinées à empêcher l'installation des SDF, ici photographiées le 10 juin 2014 à Londres, existent également devant certains bâtiments français. ( CITIZENSIDE / AFP)
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La mairie d'Angoulême a finalement fait démonter, jeudi 25 décembre, les grillages installés deux jours plus tôt autour de cinq bancs publics du centre-ville. Une mesure ouvertement destinée à repousser les SDF, à la demande des commerçants du quartier. La polémique a eu raison de cette idée, qui rappelle d'autres mesures prises par des villes ou des propriétaires à l'encontre des sans domicile fixe.

Un spray répulsif testé à Argenteuil

En 2007, pour déloger les SDF du centre-ville d'Argenteuil, dans le Val-d'Oise, le maire UMP, Georges Mothron, se tourne vers "une solution triste", selon ses propres mots. Il achète des stocks d'un spray répulsif, le Malodore, "dont l'effet est comparable à celui des boules puantes", expliquait alors Rue89. Le site raconte que les équipes municipales ont refusé de répandre le produit, présenté comme toxique, qui a été transmis aux équipes de sécurité du centre commercial concerné.

Après un premier essai du dispositif qui a provoqué l'indignation, le maire d'Argenteuil a finalement abandonné le Malodore, et a même levé l'arrêté interdisant la mendicité en centre-ville.

Des piques en métal pour empêcher de dormir

A Londres, à l'été 2014, un dispositif "anti-SDF" a créé la polémique. De petites piques en métal, discrètement plantées sur le sol devant un immeuble d'habitations, empêchant quiconque de s'y allonger. Repérées par un passant qui poste la photo sur internet, elles sont allées jusqu'à provoquer une réaction du maire de Londres, Boris Johnson, demandant au promoteur immobilier leur retrait immédiat.

Des dispositifs que l'on retrouve en France, comme l'ont repéré ces internautes sur Twitter. Le site Streetpress rappelle qu'il est interdit d'installer des bornes ou des poteaux de moins de 50 cm de hauteur en milieu urbain, mais la mesure, qui date de 2012, ne s'applique pas aux constructions antérieures.

Du mobilier urbain discrètement anti-SDF

Si les piques en métal en sont la manifestation la plus visible, de nombreux éléments du mobilier urbain sont conçus pour empêcher l'installation durable de SDF. Le blog Urbanisme inhumain recense des exemples aperçus partout en France, qui sont aussi remarqués par certains internautes. En apparence simplement décoratifs, certains dispositifs repoussent de fait les SDF.

Parmi les classiques, les galets faussement décoratifs, les devantures de bâtiments inexplicablement penchées, ou encore les bancs coupés en deux par un accoudoir ou remplacés par des fauteuils individuels, dans les stations de transports en commun, notamment.