Pour François Baroin, la fin des contrats aidés engendre "des situations humaines éprouvantes"

Les maires ne décolèrent pas après l'annonce de la suppression des contrats aidés. Ils se sont réunis mercredi pour dénoncer la politique du gouvernement et appellent les ministres en charge du dossier à reprendre les discussions. 

Le président de l\'Association des maires de France (AMF), François Baroin, estime que le gouvernement doit \"faire voter des crédits supplémentaires\" pour les contrats aidés.
Le président de l'Association des maires de France (AMF), François Baroin, estime que le gouvernement doit "faire voter des crédits supplémentaires" pour les contrats aidés. (VINCENT ISORE / MAXPPP)
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Célia QuilleretRadio France

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La fronde ne faiblit pas : les maires sont toujours aussi en colère après l'annonce de la suppression des emplois aidés. Ils se sont réunis mercredi 6 septembre pour dénoncer la politique du gouvernement et appellent les ministres concernés à reprendre les discussions. Ils estiment que la confiance est rompue avec le gouvernement. 

"Le gouvernement s'est trompé de méthode", assure François Baroin, le président de l'Association des maires de France (AMF). "C'est désastreux", assène-t-il. Il estime que la suppression des contrats aidés du jour au lendemain n'est ni tenable, ni réalisable. "C'est des pleurs et des situations humaines éprouvantes", explique François Baroin. Selon lui, les maires sont contraints d'essayer de trouver des solutions de leur côté pour engager les personnes qui étaient en contrat aidé en CDD. "Ce n'est pas possible donc je pense que, dans son intérêt, le gouvernement doit mettre tout le monde autour de la table, reprendre la main, faire voter des crédits supplémentaires", estime-t-il. 

"Une rupture totale de confiance" pour les maires

Au-delà des difficultés engendrées par la suppression des contrats aidés, un des arguments des maires est la totale contradiction avec la précédente majorité. En effet, lors du précédent quinquennat, les préfets demandaient aux élus de multiplier les contrats aidés. Les maires s'y sont tenus et, aujourd'hui, on leur demande l'inverse. "C'est une véritable rupture de confiance, c'est ce qui nous choque", déplore la maire de Beauvais (Oise), Caroline Cayeux. Elle ne voit pas comment elle va résoudre la situation sur le plan financier.

Si je devais titulariser tous ces emplois aidés, ça représenterait 900 000 euros supplémentaires que mon budget est incapable d'absorber à cette période de l'année

Caroline Cayeux, maire LR de Beauvais (Oise)

à franceinfo

La colère la plus forte concerne les communes rurales. Certaines commencent déjà à se mobiliser mercredi dans l'Allier. Ce mouvement pourrait s'étendre. Vanik Berbérian, le président de l'Association des maires ruraux de France, rejette les arguments avancés par le gouvernement pour justifier la suppression de ces contrats aidés. "C'est faux de dire qu'il n'y a pas de formation derrière les contrats aidés parce qu'il y a une formation sur le terrain en plus de celles qui sont organisées." Le représentant associatif estime aussi que ces contrats permettent une réelle insertion. "Le nombre de situations où on a eu recours à des emplois aidés qui, à la faveur d'un départ en retraite, se sont transformés en CDI, sont très nombreuses." 

Les maire se sentent actuellement dans le brouillard face à la suppression annoncée de ces contrats : certains seront maintenus, d'autres non, à la faveur des préfets. Face à cette incertitude, ils demandent donc en urgence le maintien de tous les emplois aidés .