Une dose de proportionnelle aux législatives : qu'en disent les candidats?

Lors de son meeting à Marseille dimanche, Nicolas Sarkozy a réémis l'idée de modifier en partie le mode de scrutin pour les élections législatives. Petit tour d'horizon de ce qu'en pensent les candidats à la présidentielle. 

La façade du Palais-Bourbon, à Paris.
La façade du Palais-Bourbon, à Paris. (AFP)
Quentin LaurentFrance Télévisions

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Rebelote. Nicolas Sarkozy a réitéré dimanche 19 février à Marseille sa volonté d'introduire la proportionnelle aux élections législatives. Le président-candidat s'était déjà prononcé en faveur d'une réforme de ce scrutin lors de la campagne de 2007, mais n'y avait donné aucune suite après son élection. La représentation politique des petits partis à l’Assemblée nationale est devenue un thème prégnant de la campagne présidentielle, puisque d'autres candidats militent dans ce sens.

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Actuellement, le scrutin majoritaire favorise les grands partis. Avec un objectif : garantir une certaine stabilité politique. Le scrutin proportionnel permettrait, lui, une meilleure représentation de la diversité des opinions du pays. Les petites formations obtiendraient alors un nombre de sièges proportionnel au nombre de voix recueillies. 

Petit tour d’horizon des propositions des candidats.

 Ils souhaitent une proportionnelle intégrale

Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou et Marine Le Pen sont tous en faveur du rétablissement du scrutin proportionnel aux élections législatives. Ces candidats invoquent la nécessité d’assurer la représentation de toutes les sensibilités politiques choisies par les électeurs, notamment à l’Assemblée nationale.

Aujourd’hui, ni le Nouveau parti anticapitaliste ni le Front national n’y sont représentés, et ces partis dénoncent l’aspect antidémocratique du scrutin majoritaire. Les écologistes ont souvent eu recours à des alliances, notamment avec le Parti socialiste, pour s’assurer un certain nombre de sièges à l’Assemblée.

• Ils veulent introduire une "dose" de proportionnelle

Cela implique de conserver le type de scrutin actuel, mais de réserver des sièges qui seraient distribués selon les règles de la proportionnelle.

François Hollande et François Bayrou figurent parmi les défenseurs de longue date de l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives. Mais la définition précise de la "dose" varie selon les candidats.

Le leader du MoDem la veut "significative" (en 2007, il voulait instaurer 50% de proportionnelle) et considère que tous les courants politiques au-delà de 5% des voix doivent être représentés. François Hollande, lui, ne rentre pas dans les détails.

Nicolas Sarkozy évoque de son côté une part probable de 10% de proportionnelle, d'après Le Parisien, ajoutant que cela doit encore être discuté. Ce faisant, il reprend une mesure que défendaient Hervé Morin et Christine Boutin, tous deux ralliés depuis peu au président-candidat. 

• La proportionnelle ? Ce n’est pas dans leur programme

Certains partis ou candidats ne mentionnent pas l’introduction de la proportionnelle dans leur programme présidentiel. C’est le cas de Nicolas Dupont-Aignan, Corinne Lepage, Nathalie Arthaud, Frédéric Nihous…et de l’UMP.

Si Nicolas Sarkozy s'est prononcé pour sa mise en place, la question divise encore la majorité. L'introduction d'une part de proportionnelle ne figurait pas dans le projet présidentiel voté par l'UMP le 27 janvier. Son secrétaire général, Jean-François Copé, s'était dit personnellement opposé à cette mesure, estimant qu’elle favoriserait l’instabilité politique. 

La Ve République n’a connu qu’une seule élection au scrutin proportionnel, pour les législatives de 1986. Ce qui avait d’ailleurs permis à 35 députés du Front national, dont Jean-Marie Le Pen, d’entrer à l’Assemblée nationale. Les prochaines législatives auront lieu les 10 et 17 juin, soit un peu plus d’un mois après le second tour de la présidentielle. Mais une réforme du scrutin n'entrerait en vigueur que pour les législatives suivantes.