Trois étudiantes italiennes menacées d'expulsion après avoir participé à la manifestation pro-migrants à Calais samedi

Elles font l'objet d'une obligation à quitter le territoire de la part de la préfecture. Un mouvement de soutien s'organise à l'université Paris 8. 

Manifestation en soutien aux migrants de la jungle de Calais, devant le port de Calais, le 23 janvier 2016. 
Manifestation en soutien aux migrants de la jungle de Calais, devant le port de Calais, le 23 janvier 2016.  (CITIZENSIDE / STANISLAS VERJUS / AFP)

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Elles dorment en centre de rétention depuis dimanche soir. Selon nos informations, trois étudiantes italiennes scolarisées à Paris 8, Paris 7 et Paris 10 sont sous le coup d'une obligation à quitter le territoire (OQTF) depuis qu'elles ont été arrêtées en marge de la manifestation pro-migrants à Calais, qui a dégénéré, samedi 23 janvier. 

Selon leur avocate, Valentina, Ornella et Martina ont été interpellées alors qu'elles avaient franchi une grille du port de Calais pour aller aux toilettes. "Elles ne se sont pas montées dans les bateaux. Il a été établi en garde à vue qu'elles n'avaient pas commis de dégradations pendant la manifestation, explique à francetv info Muriel Ruef. Les personnes françaises qui étaient avec elles ont été relâchées sans convocation devant la justice. Elles, ont été placées au centre de rétention de Lesquin après leurs 24 heures de garde à vue."

"Elles n'ont rien commis de répréhensible"

Selon l'avocate, la préfète du Pas-de-Calais s'en réfère à l'article L511-3-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour justifier l'obligatoire de quitter le territoire. Il vise les membres de l'Union européenne résidant depuis moins de trois mois en France et qui constituent "une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française".

"Elles sont depuis bien plus longtemps en France et n'ont rien commis de répréhensible. Cette manifestation était parfaitement autorisée et elles n'étaient pas en tête de cortège" au sein des échauffourées, souligne Muriel Ruef. Contactée par francetv info, la préfecture n'avait pas encore réagi mercredi 27 janvier. 

L'une des ces étudiantes, Martina, bénéficie d'un mouvement de soutien au sein de son université Paris 8. La présidence s'est fendue d'un courrier dès lundi auprès de la préfecture et une pétition a été lancée auprès des enseignants. "Elle a recueilli 200 signatures pour l'instant", indique à francetv info Frédéric Castaing, enseignant en économie dans le master 2 "Méditerranée-Maghreg-Europe" suivi par l'étudiante.

Leur recours examiné vendredi 

"C'est une excellente étudiante, très calme, très discrète, qui a obtenu mention très bien à son master 1. Ce n'est pas le genre de personnes à monter sur la table toutes les 30 secondes", note Frédéric Castaing. Et d'ajouter : "On ne comprend pas la logique de la préfecture."

"C'est terriblement vexatoire", reprend l'avocate. "On va leur demander de franchir la frontière italienne et après quoi ? Il n'y a pas d'interdiction de retour", fait-elle valoir, soulignant que les jeunes filles "ont hâte de sortir". Leur recours devant le tribunal administratif de Lille doit être examiné vendredi.