En cas de "Brexit", la France ne retiendra plus les migrants à Calais, affirme Emmanuel Macron

Pour le ministre de l'Economie, l'accord en vertu duquel le contrôle des frontières britanniques s'effectue côté français pourrait être remis en cause si le Royaume-Uni sort de l'Union européenne.

Un policier français surveille des migrants aux abords du tunnel sous la Manche, le 3 décembre 2015 à Coquelles (Pas-de-Calais).
Un policier français surveille des migrants aux abords du tunnel sous la Manche, le 3 décembre 2015 à Coquelles (Pas-de-Calais). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Mis à jour le , publié le

Alors que le débat fait rage, au Royaume-Uni,à propos d'une éventuelle sortie de l'Union européenne, Emmanuel Macron a lancé ce qui ressemble à un ultimatum, mercredi 3 mars, dans une interview au quotidien britannique Financial Times (en anglais).

En cas de "Brexit", prévient-il, la France ne retiendra plus à Calais (Pas-de-Calais) les migrants souhaitant traverser la Manche. Une prise de position du ministre de l'Economie que François Hollande et David Cameron, réunis jeudi à Amiens (Somme) pour un sommet franco-britannique, ne devraient pas manquer d'évoquer.

Un argument également utilisé par David Cameron

"Le jour où cette relation sera rompue, les migrants ne seront plus à Calais", affirme ainsi Emmanuel Macron. Pour le ministre français, l'accord en vertu duquel le contrôle des frontières britanniques s'effectue côté français pourrait être remis en cause si le Royaume-Uni sort de l'Union européenne.

David Cameron, le Premier ministre britannique, qui fait campagne contre le "Brexit" avant le référendum sur le sujet, a lui-même averti les électeurs britanniques qu'en cas de sortie de l'Union européenne, il "n'y aurait rien qui empêcherait des milliers de personnes de traverser la Manche du jour au lendemain"

Jeudi, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Harlem Désir a annoncé que le Royaume-Uni allait augmenter d'une vingtaine de millions d'euros son aide financière à la France pour la sécurisation de sa frontière à Calais.

Dans son interview au Financial Times, Emmanuel Macron prévient également que la France n'hésitera pas à inciter les financiers à quitter Londres pour Paris en cas de "Brexit".