Calais : l'appel de 250 personnalités et organisations contre le démantèlement de la "jungle"

Dans une tribune dans "Le Monde", ils accusent le gouvernement En réalité, c’est une politique de dissuasion : rendre la vie invivable aux réfugiés.

L'entrée principale de la "jungle" de Calais, le 20 février 2016.
L'entrée principale de la "jungle" de Calais, le 20 février 2016. (JULIEN PITINOME / NURPHOTO / AFP)
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"Les bulldozers ne peuvent pas tenir lieu de politique." Plus de 250 artistes, politiques, humanitaires, intellectuels et organisations appellent l'Etat à revenir sur sa décision d'évacuer une partie de la "jungle" de Calais, dans une tribune publiée par Le Monde, lundi 22 février.

"Une fois de plus, l’unique réponse qu’envisagent les pouvoirs publics face à la situation dans le Calaisis, c’est l’évacuation d’un camp de réfugiés, et leur dispersion", s'indignent les signataires, parmi lesquels figurent l'humoriste Guy Bedos, le député écologiste Noël Mamère, ou encore le philosophe Jacques Rancière.

Aux côtés de 175 personnalités, 85 organisations ont également paraphé ce texte, dont l'Auberge des migrants, la Cimade, la Ligue des droits de l'homme et Médecins sans frontières.

Une politique qui vise à "rendre la vie invivable aux réfugiés"

"Personne ne saurait accepter le maintien en l’état du bidonville de Calais, pas plus que du camp de Grande-Synthe, ni d’aucun autre. Personne ne peut se satisfaire de voir des réfugiés contraints de survivre dans de tels lieux", reconnaissent les signataires, mais contestent l'évacuation de la moitié sud du camp, décidé par la préfecture.

"On feint de s’attaquer aux causes réelles du problème ; mais en réalité, en s’en prenant aux victimes condamnées à se disperser dans la peur, cette politique ne fait que le déplacer et l’aggraver. Cette 'solution' n'en est pas une", dénoncent-ils. "Le ministre veut convaincre que c’est pour le bien des occupants. En réalité, c’est une politique de dissuasion : rendre la vie invivable aux réfugiés."

Les signataires préviennent qu'ils se rendront à Calais dans les prochains jours pour défendre l'idée que "nous ne sommes pas condamnés à choisir entre la 'jungle' et sa destruction". "Nous refusons de réduire la France à des barbelés et des bulldozers. Nous voulons faire entendre un autre discours que celui des pouvoirs publics qui occupent les médias. Détruire, dit la préfète ? Avec, sans ou contre l’Etat si nécessaire, il faudra pourtant bien construire un avenir."