Le nouveau gouvernement s'esquisse, du moins en creux. Martine Aubry a annoncé au journal Le Monde, mercredi 16 mai, qu'elle ne participerait pas au premier gouvernement du quinquennat de François Hollande.

"J'ai toujours pensé que François Hollande choisirait Jean-Marc Ayrault, parce que je savais qu'il voudrait quelqu'un de très proche de lui. Au fond, je n'ai jamais eu de doute sur le choix qu'il ferait", a confié au quotidien la maire de Lille.

"Ni proposition, ni tractation"

Jusqu'à la nomination de Jean-Marc Ayrault, mardi, la  première secrétaire du Parti socialiste faisait partie des favoris pour Matignon. Elle était depuis pressentie pour un super-ministère de la Culture, de l'Education nationale et de la Jeunesse. 

"Dans cette configuration, on est convenu, en bonne entente, que ça n'avait pas de sens que je sois au gouvernement", a ensuite déclaré Martine Aubry à l'AFP.  "Il n'y a eu ni proposition, ni tractation", assure-t-elle, ajoutant qu'elle mènerait la campagne des législatives. "Nous avons convenu tous les trois que, dans ces circonstances, l'endroit où je suis le plus utile, est d'être à la tête du Parti socialiste pour être auprès de Jean-Marc Ayrault, chef de la majorité. Je conduis la campagne pour les socialistes."

François Rebsamen n'en sera pas non plus

Un peu plus tôt dans la matinée, le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, pressenti pour le ministère de l'Intérieur, a également indiqué qu'il ne ferait pas partie du nouvel exécutif. "François Hollande a posé un principe : l'interdiction de cumuler un exécutif local avec une fonction ministérielle, a expliqué le président du groupe PS au Sénat. Donc j'ai choisi et le Sénat et Dijon."

L'UMP s'étonne, le FN se réjouit

Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a jugé "étonnant" que Martine Aubry ne figure pas dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, se demandant sur RMC si cela ne préfigurait pas un "contrôle de la rue de Solférino" sur l'action gouvernementale.

La présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, a estimé pour sa part que la "bonne nouvelle" de l'absence de Martine Aubry au gouvernement ressemblait "à un réglement de comptes" au sein du Parti socialiste.