"Une petite bourgeoise." C'est ainsi que Jean-Marie Le Pen, 84 ans, décrit sa fille dans un entretien au Times (article payant, en anglais) publié vendredi 6 juillet. "Je suis un homme du peuple. Je viens d'une famille de paysans et de pêcheurs (…) J'ai été officier dans un régiment de parachutistes, j'ai eu une vie virile, c'est le moins que l'on puisse dire. Ma fille, quoi qu'elle puisse en dire, est une petite bourgeoise", lance l'ancien président du FN dans les colonnes du quotidien britannique.

"Pas la grande bourgeoisie des Dassault ou Fabius"

Le président d'honneur du FN a rectifié le tir dans la journée en ajoutant qu'il voulait dire "petite fille bourgeoise", et non de "petite bourgeoise". "J'évoquais nos différences, en particulier notre différence d'origine et de milieu. Moi je suis né dans un milieu populaire et Marine est née dans un milieu bourgeois, évidemment pas la grande bourgeoisie des Dassault ou des Fabius, mais bourgeoisie quand même", poursuit l'ancien président du FN, âge de 84 ans.

D'après lui, l'élite parisienne le considère comme un être "grossier" et "inquiétant" mais accepte sa fille en raison de sa bonne éducation. "Mon image de diable s'est méthodiquement et avec ténacité imposée dans le monde politique français. Ma réputation d'antisémite a été créée artificiellement, déclare-t-il. Mais ce n'est pas Jean-Marie Le Pen qui est le diable à leurs yeux, c'est le défenseur de la Nation."

"Fournir à nos adversaires le moins d'angles d'attaque possibles"

Et le chef historique de l'extrême droite française d'expliquer le succès de sa fille dans la dédiabolisation du parti par le fait que "c'est une femme". "La stratégie de Marine est de fournir à nos adversaires le moins d'angles d'attaque possibles. Par exemple, tous ces courageux et dynamiques militants qui se sont fait remarquer parce qu'ils avaient le crâne rasé ont été écartés", explique Jean-Marie Le Pen au Times.

Pour lui, le FN n'a toutefois pas réellement changé, et reste attaché à la défense de l'Etat-nation contre la mondialisation en général et les "vagues déferlantes" d'immigrés, musulmans en particulier. La démographie en Europe est "un handicap mortel" qui va faire des Européens les esclaves des radicaux islamistes. "Le maître sera l'islam. Si les islamistes deviennent majoritaires en France, ce sera la Charia", avertit Jean-Marie Le Pen, avant d'affirmer au Times que la communauté nord-africaine en France est responsable de la plupart des crimes commis dans le pays.