Les taxis sont en colère. Des fédérations et syndicats de taxis appellent à une mobilisation nationale et des opérations escargots jeudi 10 janvier. Objectif : protester contre des changements législatifs concernant le transport des malades et contre la concurrence déloyale exercée, selon eux, par certains véhicules.

Francetv info fait le point sur cette mobilisation. 

Quelles sont les perturbations ? 

Des rassemblements et des opérations escargots sont prévus dans de nombreuses villes, dont Paris, Marseille, Nantes, Dijon, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Montpellier. Des ralentissements étaient ainsi prévus dès 7 heures sur la plupart des autoroutes convergeant vers la capitale, avec un rassemblement à la mi-journée devant l'Ecole Militaire, à Paris. 

Des dizaines de taxis se dirigeaient en début de matinée vers les aéroports parisiens de Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly pour une opération escargot vers le centre de la capitale. Ils étaient entre 150 et 200 vers 7 heures sur le parking de la base arrière de Roissy, où les véhicules continuaient d'arriver.

Qui est en grève ? 

L'intersyndicale FTI 75-CFDT-CFTC-FO-Gescop-UDTP, à laquelle se sont associées les fédérations FNTI, FNAT, FFTP et FNDT, appelle les 55 000 taxis de France à des rassemblements sur l'ensemble du territoire. Mais en début de matinée, les chiffres exacts de la mobilisation n'étaient pas connus.

Quelles sont leurs revendications ? 

"Véhicules de tourisme avec chauffeurs (VTC, aujourd'hui environ 10 000) et motos représentent une concurrence déloyale qui est presque autorisée par les pouvoirs publics puisque personne ne respecte aucune règle", a estimé Ahmed Sembel, vice-président de la FNTI, interrogé par l'AFP. "On exige une réforme de la loi qui encadre ces activités et un moratoire sur les sociétés qui ont déjà l'autorisation d'exercer", plus de 500, selon lui. 

"Nous sommes réglementés, on ne peut pas faire ce que l'on veut au niveau des tarifs, on a des compteurs contrôlés tous les ans. Les autres n'ont pas les contraintes du taxi mais font le même travail sans investir un rond", hormis le véhicule et la licence à 100 euros, renchérit Nordine Dahmane (fédération FO).

Par ailleurs, les fédérations redoutent aussi les conséquences d'une disposition sur le transport de malades introduite dans la loi de financement de la sécurité sociale 2013 à des fins d'économies. 

Quels sont les enjeux du transport des malades ? 

Les dépenses de transport prises en charge par l'assurance maladie représentaient, en 2010, 3,5 milliards d'euros (2,1% des dépenses de l'assurance-maladie) pour plus de 5 millions de bénéficiaires, selon le rapport de la Cour des comptes de 2012. Cette dernière estimait dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale que l'offre de transport était "très mal maîtrisée et mal organisée". 

Jusqu'alors, les patients avaient le choix notamment entre l'ambulance (37% des transports de patients), le taxi conventionné par l'assurance-maladie (34 382 véhicules, 31%) ou encore le véhicule sanitaire (23%). Mais selon Ahmed Sembel, avec la mise en place du nouveau dispositif, les taxis indépendants n'auront pas les moyens de répondre aux appels d'offre voulus par les pouvoirs publics ni de "faire face aux grosses sociétés telles que Veolia". Or le transport des patients peut représenter jusqu'à 90% du chiffre d'affaires des taxis en zone rurale, selon la profession.

Jeudi après-midi, une délégation doit être reçue notamment par des représentants des ministères de l'Intérieur et de la Santé, selon des sources syndicales

 Ci-dessous, la liste des cortèges parisiens. 

Manifestation Du 10 Janvier 2013 by redacweb6352