Le Sénat est sévère avec l'assouplissement de la carte scolaire. Dans un rapport publié mercredi 27 juin, la mission d'information sur la carte scolaire estime qu'il s'agit d'un "échec" qui a "ghettoïsé" les établissements défavorisés. 

Selon ce rapport, l'assouplissement décidé par Nicolas Sarkozy "n'a pas généré de bouleversement au niveau national très important", mais il a eu des "effets pervers" pour certains établissements.

La réforme de la carte scolaire fait partie des sujets qui seront au cœur de la concertation sur l'école cet été. Les sénateurs formulent plusieurs recommandations.

• Des secteurs élargis

Pour améliorer le brassage, "nous pensons qu'il faut mettre en place des secteurs scolaires plus élargis, avec deux, trois établissements au choix des parents", a expliqué Françoise Cartron, sénatrice PS de Gironde et rapporteur de la mission d'information.

• Une priorité aux boursiers

Les demandes seraient classées selon un barème qui donnerait notamment une forte priorité aux boursiers sociaux, afin de favoriser la mixité sociale, de plus en plus réduite.

Le rapport préconise aussi de développer une "vraie pédagogie de la mixité sociale" pour les parents et d'inciter les enseignants confirmés à exercer dans les établissements difficiles. Actuellement, "on met face à des élèves dans un contexte difficile des enseignants sans formation et sans accompagnement, c'est explosif", a déploré le rapporteur.

• Plus de recours aux options pour changer d'établissement

Le barême préconisé par les sénateurs devrait aussi décourager les demandes de dérogations sur la base d'options, très utilisées pour contourner la carte scolaire.

Au passage, les sénateurs notent que proposer les options jugées prestigieuses dans les établissements difficiles est une "fausse bonne idée" : "Personne ne vient faire russe en ZEP".

Une prime aux établissements vertueux

La mission prône également "une modulation des dotations des collectivités territoriales et de l'Etat en fonction de la composition sociale des établissements, afin d'accorder plus aux collèges et aux lycées défavorisés"

Car "l'hétérogénéité dans les classes est source de réussite, mieux que dans les classes homogènes", a souligné le rapporteur, pointant à l'heure actuelle une "ségrégation scolaire" plus importante que la ségrégation dans la ville.