Les autorités suisses présentent leurs excuses après un prélèvement d'eau dans un lac du Jura

"Nous avons reçu les excuses formelles des autorités cantonales vaudoises et nous avons reçu une proposition de régularisation", rapporte la préfecture du Jura, lundi 27 juillet. 

Le lac des Rousses (Jura), à la fin du mois d'octobre 2013.
Le lac des Rousses (Jura), à la fin du mois d'octobre 2013. (MAXPPP)
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Les autorités suisses présentent leurs excuses à la France, lundi 27 juillet, après un prélèvement illégal d'eau dans le lac des Rousses (Jura). Dans un courrier adressé à la préfecture du Jura, le canton de Vaud reconnaît avoir réalisé des prélèvements illégaux, jeudi entre 8h30 et 15 heures, sous le regard de vacanciers éberlués.

Objectif de l'opération ? Approvisionner en eau des vaches de la vallée suisse voisine, frappée par la sécheresse. Sauf que la commune des Rousses, pourtant propriétaire du lac, n'avait pas été prévenue. Sollicités, les gendarmes avaient alors dressé un procès-verbal avant d'alerter la préfecture. Voici un cliché pris par un témoin, confié à France 3 Franche-Comté.

Des appareils suisses ont prélevé de l'eau dans le lac des Rousses (Jura), alors que la mairie n'était pas au courant, jeudi 23 juillet 2015.
Des appareils suisses ont prélevé de l'eau dans le lac des Rousses (Jura), alors que la mairie n'était pas au courant, jeudi 23 juillet 2015. (FRANCE 3 FRANCHE-COMTE)

"C'est un couac pour lequel nous sommes désolés"

"L'utilisation faite de cette autorisation ne respecte pas les procédures", confirme le secrétaire général de la préfecture, Renaud Nury, contacté par francetv info. Certes, l'armée suisse a bien le droit de survoler la France, en vertu d'un accord bilatéral entre les deux Etats. Renouvelé chaque année, cet accord global fait l'objet d'autres conventions spécifiques, prévoyant notamment le transport d'eau. Bref, tout est en règle sur ce point. En revanche, pour prélever de l'eau, la Suisse aurait dû demander l'autorisation soit à la mairie (dans le cas d'un prélèvement inférieur à 1 000 m3) ou à la préfecture (pour un prélèvement supérieur à 1 000 m3). Elle ne l'a pas fait. "Nous avons reçu les excuses formelles des autorités cantonales vaudoises et nous avons reçu une proposition de régularisation", précise Renaud Nury.

Cette erreur est reconnue du côté suisse. "J'ai aujourd'hui écrit un courrier au préfet pour m'excuser au nom des autorités cantonales. C'est un couac pour lequel nous sommes sincèrement désolés", confirme Denis Froidevaux, chef de l'état-major cantonal de conduite, contacté par francetv info. En raison de la sécheresse, les éleveurs du canton de Vaud sont "alimentés par hélicoptère avec de l’eau provenant des lacs [suisses] de Neuchâtel et de Joux", précise un communiqué de l'armée. Ce jour-là, "les pilotes ont mal interprété l'autorisation de survol, qui concerne le transport d'eau. Ils ont voulu raccourcir leurs rotations de quinze minutes." D'ailleurs, l’armée suisse a également publié un communiqué d'excuses. 

Un prélèvement d'eau modeste, limité à 15 m3

Malgré tout, le prélèvement d'eau est modeste, puisqu'il concerne cinq rotations à 2 m3 chacun environ, pour un total de 10 ou 15 m3. "C'est un problème résiduel sur le plan pratique, mais pas sur le plan politique." En effet, la question est d'autant plus sensible que le département du Jura fait l'objet de restrictions, après un arrêté daté du 10 juillet. "On aurait aimé discuter avec nos amis suisses, mais on est un peu étonnés – voire agacés – que la mairie des Rousses n'ait pas été avisée", ajoute Christophe Mathez, le premier adjoint au maire. "On a l'habitude d'avoir des accords avec nos voisins en cas d'urgence, pour des incendies par exemple."

"Nos éleveurs à nous n'ont pas demandé d'aide à la collectivité", précise l'élu, qui reconnaît que les animaux suisses concernés sont "des vaches d'alpage, dans les hauteurs à 1 400 mètres, où il est plus délicat d'acheminer de l'eau". Mais qu'importe. Il aurait fallu demander la permission, "un accord aurait sans doute été trouvé". Moralité ? Il faut toujours demander l'autorisation de son voisin. Surtout quand il n'y a pas le feu au lac.