Un panneau de signalisation routière en Italie.
Un panneau de signalisation routière en Italie. (ENZO D./CC/FLICKR/GETTY IMAGES)

Sueurs froides chez les pratiquants de l'école buissonnière. Le ministère de l'Education nationale vient de lancer un téléservice permettant aux parents de consulter les absences des élèves sur internet, selon un arrêté publié mardi au Journal officiel. Mis à disposition des chefs d'établissements publics du secondaire, Téléservice-absences recense uniquement les absences jugées "légitimes". Les adeptes des journées séchées peuvent donc souffler... sauf s'ils ont fabriqué leur propre justificatif. 

• Que trouve-t-on dans ce fichier ?

Dans les établissements qui choisiront cet outil facultatif, les collégiens et lycéens pourront consulter sur internet la liste de leurs absences. Leurs parents auront également la possibilité d'accéder aux données, qui comprendront les nom et prénom de l'élève, sa classe et le nombre de demi-journées d'absence jugées "légitimes".

D'après le code de l'éducation, ces motifs "légitimes" sont une maladie, une réunion de famille, un empêchement résultant d'un accident ou un déplacement avec un responsable légal de l'élève.

• Toutes les absences sont-elles mentionnées ?

Non. Dans un avis du 8 décembre 2011, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) précise que Téléservice-absences exclut "toute absence non justifiée ou dont le motif est considéré comme 'non légitime'". Il "ne répond pas à un objectif de lutte contre l'absentéisme scolaire" et "ne permettra pas non plus de recenser les retards ou les retenues de l’élève". Les moins assidus peuvent donc souffler, leurs heures de "sèche" ne figureront pas dans le fichier.

• Comment est-il accueilli ? 

Pour Jean-Jacques Hazan, le président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), la plus importante, "c'est un gros fichage" qui rappelle qu'il "est temps de remettre à plat tous les fichiers qui contiennent les données personnelles des enfants et qui ne sont pas contrôlés".

Par ailleurs, puisque les absences "légitimes" n'incluent pas les cas d'école buissonnière, le service "n'apporte rien en termes d'information", ajoute Jean-Jacques Hazan. Pour lui, "le ministère ferait mieux de s'intéresser au remplacement de ses propres absents plutôt que de toujours dénoncer les absences des élèves".

D'autres types de téléservices existent déjà dans l'Education nationale, permettant notamment la consultation des notes à distance. C'est le cas par exemple dans l'académie de Lyon, via la plateforme sécurisée Scolarité services