Le gouvernement autorise l'abattage de deux loups supplémentaires

Les associations de défense du loup estiment que le gouvernement "s'acharne contre les loups"

Un loup dans le parc de Schorfheide en Allemagne, le 10 avril 2017.
Un loup dans le parc de Schorfheide en Allemagne, le 10 avril 2017. (PAUL ZINKEN / DPA)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Des loups vont de nouveau pouvoir être tués en France. Le gouvernement a autorisé l'abattage de deux animaux supplémentaires jusqu'en juin, en plus des 36 spécimens déjà tués en neuf mois, selon un arrêté publié mercredi 19 avril. Ces tirs sont autorisés par dérogation, l'espèce étant protégée. Et ils ne pourront se faire que dans le cadre "de tirs de défense", lorsque des troupeaux ont été attaqués.

Les associations de défense du loup estiment toutefois que le gouvernement "s'acharne contre les loups". Quatre d'entre elles – Aspas, One Voice, Ferus et SFEPM – ont fait part de leur intention de contester l'arrêté devant le Conseil d'Etat. Et elles s'attendent à la publication d'un autre arrêté autorisant deux nouveaux abattages, soit 40 au total.

Une cinquantaine de loups tués entre 2016 et 2017

La population de loup est désormais d'environ 300 spécimens en France, dont une majorité dans le Sud-Est. Mais selon ces associations, "ce nombre de 40 abattages (...) met en péril la conservation de l'espèce en France". "En comptant dix autres cas de mortalité connus, dont la plupart de causes anthropiques (collisions routière), le France aura donc près de 50 cadavres de loups sur les bras, s'inquiète la Ferus dans un communiqué. Sans parler du braconnage : intense mais difficilement mesurable."

Selon une étude commandée par le ministère de l'Environnement et publiée en mars, le taux de mortalité du loup s'est élevé en moyenne à 22% entre 1995 et 2013, sachant que sa survie est menacée à long terme lorsque ce taux avoisine les 34%. Mais sur la période 2014-2016, du fait de l'augmentation des abattages pour limiter les prédations sur les troupeaux, le taux de mortalité "pourrait atteindre les 34%", indique l'étude.