Le député UMP du Nord, Christian Vanneste, à nouveau au cœur d'une polémique. Dans une vidéo diffusée sur internet, le 10 février, ce membre de la Droite populaire a estimé qu'il n'y avait "pas eu de déportation homosexuelle en France" pendant la seconde guerre mondiale, estimant que "c'est une fameuse légende". FTVi revient sur cette nouvelle sortie du député, et les précédentes.

Qu'a-t-il dit ?

"En Allemagne, il y a eu une répression des homosexuels, et près de 30 000 déportés [pour ce fait]. Il n'y en a pas eu ailleurs et notamment en dehors des trois départements annexés [Moselle, Bas-Rhin et Haut-Rhin]" selon lui, ajoutant que l'homosexualité était "un refus de l'autre".

Qui l'interrogeait ?

Comme l'indique l'incrustation en haut à droite de la vidéo, le député du Nord répondait aux questions du site catholique Liberté Politique, vitrine internet de l'Association pour la Fondation de Service politique. L'organisme non-professionnel a été fondé en 1992 "par de jeunes chrétiens responsables de la société civile", écrit-il. Dans le détail, l'un de ses fondateurs, Francis Jubert, est également président et directeur de la publication du site Génération Benoît XVI.com. Liberté Politique est partenaire de l'Association des économistes catholiques, du site Drogue danger débat, et du collège des Bernardins.

 Les réactions à ses propos

L'UMP condamne fermement les déclarations du député du Nord. Le Secrétaire général du parti, Jean-François Copé, a annoncé mercredi qu'un candidat investi par le parti majoritaire se présenterait contre le député du Nord aux prochaines législatives. Une procédure d'exclusion de Vanneste a été lancée ; elle devrait être prononcée mercredi prochain.

• GayLib, mouvement de défense des homosexuels qui s'est récemment désolidarisé de l'UMP, demande que Christian Vanneste soit exclu du parti présidentiel pour cette déclaration. "S'il avait tenu de tels propos à l'encontre d'une autre communauté de déportés, il s'en serait naturellement attiré les foudres", interpelle Catherine Michaud, secrétaire générale de GayLib. Pour elle, Vanneste "a toute sa place au Front national".

• Louis Aliot, le numéro 2 du Front national et directeur de campagne de Marine Le Pen, n'est pourtant pas plus amène avec le député du Nord. Il suggère à Christian Vanneste de relire ses livres d'Histoire, estimant que ses déclarations sont "une vraie bêtise".

(Francetv info)

• Serge Klarsfeld, avocat de la cause des déportés en France, défend Christian Vanneste sur le site Nouvelles de France. Selon lui, il y a bien eu des homosexuels déportés en Allemagne "mais pas en France"."Un déporté homosexuel a bien témoigné, mais il est parti d'Alsace, territoire qui se trouvait régit par les lois allemandes", détaille-t-il.

Que disent les historiens ?

L'historien Mickaël Bertrand, qui a dirigé un ouvrage collectif sur la question (La déportation pour motif d'homosexualité en France, éditions Mémoire active), estime dans un entretien à FTVi que cette contre-vérité historique "fait mal". Pour lui, "Christian Vanneste joue avec les mots et la vérité". L'historien précise qu'en France, 62 homosexuels ont été "envoyés dans des prisons et des camps allemands en raison de leur homosexualité" pendant la guerre.

Les précédentes déclarations de Christian Vanneste

• Le mariage homosexuel est une "aberration anthropologique" car la "société doit assurer sa pérennité", le reste "étant une question de mode", a-t-il déclaré le 14 juin à l'Assemblée nationale, alors que les députés votaient une proposition de loi sur le sujet. "Ce n'est pas la première fois qu'une mode sera à la mode parce que la presse l'aura décidé", a-t-il ajouté.

Jean-Vincent Placé, sénateur Europe Ecologie-Les Verts de l'Essonne et ancien numéro deux des Verts, a été condamné, vendredi 10 février, pour avoir diffamé Christian Vanneste. Commentant la remarque du député du Nord, il avait déclaré : "Ce type est infâme, voilà la réalité, il est connu pour ses propos homophobes, racistes, voire antisémites. (...) C'est lamentable." Mais l'écologiste a été condamné pour avoir dit "antisémite" et "raciste", pas "homophobe".

• Il s'est interrogé sur le lien entre homosexualité et pédophilie, dans un billet sur son blog en mai 2010, rapportait Le Monde.fr. Selon le député du Nord, "le lien et même la confusion qui règnent entre l'homosexualité et l'éphébophilie est patent". Il soutient que "l'attirance des hommes pour les adolescents pubères mais ambigus de traits, ne commence ni ne s'arrête à 15 ans".

"Que l'homosexualité soit liée au narcissisme et à l'individualisme rutilant de notre société, ça c'est évident", a-t-il déclaré en 2009 sur France 5, dans l'émission "C Dans L'Air", rapportait Rue89. Il s'exprimait alors sur un jugement rendu par le tribunal administratif de Besançon autorisant l'adoption d'enfants par un couple homosexuel.

 •  L'homosexualité est une "menace pour la survie de l'humanité", a-t-il dit en janvier 2005, quelques semaines après la promulgation de la loi réprimant les propos injurieux ou diffamatoires. "Je n'ai pas dit qu'elle était dangereuse, j'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité." Condamné pour ces déclarations en 2006 par le tribunal correctionnel de Lille à 3 000 euros d'amende et 6 000 euros de dommages-intérêts à verser aux plaignants, la décision de justice a été cassée par la Cour de Cassation en novembre 2008, rapportait alors Le Monde.fr.

 • Les homosexuels "sont nuisibles à l'intérêt général", a-t-il affirmé en novembre 2004. L'homosexualité est "un apartheid entre les sexes", avait-il alors ajouté. Cette phrase est l'une de celles sélectionnées par Le Nouvel Observateur dans ce montage vidéo qui compile un florilège des petites phrases de Vanneste sur le sujet.