Nicolas Sarkozy est prié de s'expliquer. En réaction à la publication par Libération lundi 2 janvier d'un article qui assure que le chef de l'Etat a validé pendant les années 90 des montages financiers liés à l'affaire Karachi, l'opposition fait front commun contre lui. Plusieurs dirigeants demandent au Président de s'exprimer publiquement.

• L'équipe de Hollande pour la levée du Secret défense

"Sur cette affaire, la vérité est un devoir d'Etat", argumente Bernard Cazeneuve, député PS et porte-parole de François Hollande. "Nous demandons (...) que les rôles joués par le Premier ministre de l'époque, Edouard Balladur, son ministre de la Défense, François Léotard, et son ministre du Budget, Nicolas Sarkozy, soient enfin précisés", poursuit-il. Dans cette perspective, "le secret de la défense nationale doit être levé sur l'ensemble des documents relatifs à ces contrats".

• Joly souhaite que Sarkozy soit entendu

La candidate EE-LV à l'Elysée, Eva Joly, juge elle "nécessaire et inéluctable" que Nicolas Sarkozy "soit entendu par la justice (...) Il semble de moins en moins vraisemblable que M. Sarkozy, en tant que ministre du Budget, n'ait pas été mis au courant du montage sophistiqué destiné à rémunérer les différents intermédiaires". Eva Joly estime ainsi que depuis 2007, "tout a été fait pour étouffer l'affaire, qu'il s'agisse du secret défense, des pressions du parquet ou du scandaleux projet de suppression du juge d'instruction".

• Le FN dénonce le "système Sarkozy"

Pour l'équipe de campagne de Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle, "les dernières révélations sur l'affaire Karachi" démontrent l'existence d'un "système Sarkozy" qui mêle "conflits d'intérêts, corruption et malversations (...) Devant des soupçons de plus en plus lourds, Nicolas Sarkozy doit d'urgence s'expliquer devant les Français, de la manière la plus précise possible", plaide son porte-parole.

• Morin vise les comptes de Balladur

Enfin, le président du Nouveau centre Hervé Morin, candidat à la présidence de la République, demande le versement au dossier d'instruction de l'affaire Karachi des comptes de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. L'ancien ministre de la Défense s'interroge : "Comment peut-on avoir confiance dans les institutions de la République quand la plus haute juridiction française (le Conseil constitutionnel, ndlr) a validé 10 millions de francs versés en espèces pour l'équilibre des comptes, sans qu'à aucun moment personne ne dise mot ?"