Election de mini-miss en Alsace, le 25 septembre 2010.
Election de mini-miss en Alsace, le 25 septembre 2010. (DAREK SZUSTER / L'ALSACE / MAXPPP)

L'"hypersexualisation" des enfants est un phénomène encore marginal en France mais "de plus en plus présent". C'est en partant de ce postulat que la sénatrice UMP Chantal Jouanno propose une série de mesures pour voir disparaître les lolitas des publicités et de la société dans son ensemble, dans un rapport remis au gouvernement lundi 5 mars.

L'élue s'était vu confier une mission sur ce sujet par le ministère des Solidarités, après la parution de photos dans l'édition française du magazine Vogue de décembre 2010. Elles mettaient en scène une petite fille dans des tenues et postures suggestives dérangeantes, qui ont surtout fait scandale aux Etats-Unis. Déjà, mi-février, une charte visant à encadrer l'image des enfants dans les médias avait été signée par le gouvernement, le CSA et des représentants de la presse. 

"L'hypersexualisation fait régresser la cause féminine"

Dans une interview à 20 Minutes, la sénatrice affirme que "l’intrusion précoce de la sexualité entraîne des dégâts psychologiques irréversibles dans 80% des cas (...). Aujourd’hui, 37% des filles de 11 ans avouent être à la diète." Selon elle, ce phénomène "accélère la régression de la cause féminine".

Voici quelques-unes des propositions avancées par Chantal Jouanno :

• Interdire qu'un enfant puisse être l'égérie d'une marque avant 16 ans.

• Rétablir l'uniforme en primaire. 

• Interdire les concours de mini-miss. "Symboliquement", précise-t-elle au Figaro.

• Renoncer aux soutiens-gorges ampliformes pour les petites filles. 

Des propositions inspirées de l'étranger

L'ancienne ministre des Sports préconise aussi la mise en place d'une "charte de l'enfant", qui traduise les principes de l'intérêt supérieur de l'enfant dans l'éducation, la consommation ou les médias. Une telle charte existe déjà au Royaume-Uni. Elle prévoit que les coupes des vêtements soient adaptées aux enfants et permet aux internautes de signaler les sites internet vendant des produits jugés inappropriés.

Même si "la vague de l'hypersexualisation n'a pas encore massivement touché nos enfants", "les parents sont légitimement inquiets", souligne la sénatrice UMP. Et de rappeler qu'elle "participe au développement de conduites à risque", notamment l'anorexie prépubère.

(France 2)