DOCUMENT FRANCE 3. "Par amour, je serais allée le chercher" : le témoignage d'une mère de jihadiste jugée pour "financement du terrorisme"

Son procès a lieu mardi 5 septembre à Paris. Jugée pour avoir envoyé de l'argent à son fils, cette mère de famille encourt dix ans de prison.

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"Maman, je te demande pardon. Je t'aime, mais j'aime Dieu plus que toi. Je suis là pour aider les gens". Nathalie Haddadi a livré à France 3 un témoignage fort, lundi 4 septembre, sur son fils de 21 ans parti faire le jihad. Il l'avait appelée de Syrie en 2016, en justifiant son départ par sa volonté d'"aider les gens", puis a été tué là-basElle sera jugée, mardi 5 septembre à Paris, pour lui avoir envoyé de l'argent.

Une accusation qu'elle juge injuste et infondée. Elle a expliqué à France 3 avoir voulu aider son fils, comme toute mère l'aurait fait. Car celui-ci a très vite déchanté et lui a demandé de l'argent pour rentrer en France."Maman, lui a-t-il dit, il y a des horreurs ici". "S'il te plaît, ne meurs pas", lui a-t-elle répondu. "Par amour, je serais allée le chercher", dit-elle.

"On m'associe à des psychopathes dangereux"

Elle n'en a pas eu le temps. Huit mois après l'appel de son fils, un inconnu l'appelle de Syrie pour lui dire que son fils est mort en "martyr", et la féliciter. "Le comble, expose-t-elle, c'est que vous êtes obligés de prendre sur vous, de rester courtois pour avoir plus de renseignements".

Elle ne comprend pas qu'on l'accuse d'avoir financé le terrorisme en donnant de l'argent à son fils "pour qu'il mange, pour qu'il se soigne". "C'est inadmissible, on m'associe à des psychopathes dangereux (...) Vous vous rendez compte ? Moi, je suis une femme active, moderne, je suis madame Tout le Monde". Elle dément tout lien avec "ces criminels". Cette mère de famille encourt dix ans de réclusion.

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