Un premier centre de "déradicalisation" ouvrira "avant l'été" en France

Le lieu n'est pas choisi et la démarche "loin d'être aboutie", a toutefois prévenu le secrétaire général du Comité interministériel pour la prévention de la délinquance.

Le préfet Pierre N'Gahane le 12 novembre 2008 à Marseille.
Le préfet Pierre N'Gahane le 12 novembre 2008 à Marseille. (GERARD JULIEN / AFP)

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Le site n'est pas encore choisi, mais les discussions sont engagées. Un premier centre "de réinsertion et de citoyenneté" ouvrira "avant l'été" pour accueillir une trentaine de jeunes radicalisés, a annoncé, jeudi 10 mars, Pierre N'Gahane, préfet et secrétaire général du Comité interministériel pour la prévention de la délinquance (CIPD).

Jeudi, i-Télé et La Nouvelle République du Centre-Ouest avaient affirmé que le premier centre national de déradicalisation ouvrirait à Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire), près de Chinon. Une annonce que le préfet a refusé de commenter, se disant même "furieux". Pour lui, "des médias, en relayant ce genre d'information, ne font que braquer autorités locales et populations".

"Il y a des délais d'instruction de dossier, des procédures administratives, tout un cadre réglementaire" qui n'ont pas encore été respectés, a martelé Pierre N'Gahane. "La démarche est loin d'être aboutie", a-t-il insisté.

Deux catégories de centres

"Il existe deux catégories de centres : ceux qui accueilleront un public de volontaires, dont on a pu constater leur rupture avec la République", et "les centres pour des jeunes ayant eu affaire avec la justice parce qu'ils se sont rendus à l'étranger, parfois jusqu'en Turquie, mais n'ont jamais été en zones de conflit", a précisé le préfet.

Dans le premier cas, les discussions sont menées avec "les familles et l'autorité préfectorale pour choisir le public" bénéficiaire. Dans le second type de centre, "ils sont choisis avec l'autorité judiciaire" qui pourrait opter pour ce placement dans le cadre d'un "aménagement de peine", par exemple.

A chaque fois, "une trentaine de candidats âgés de 18 à 30 ans", qui "pourront rester 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 s'ils le souhaitent", seront accueillis et encadrés par "25, 27 personnes", a précisé le préfet. Chaque centre coûtera en moyenne un million d'euros en fonctionnement. L'objectif est de "permettre à des individus de se reconstruire, se restructurer, avoir de nouveaux projets et retrouver un travail".