Deux jihadistes français de retour de Syrie condamnés à 5 et 6 ans de prison

Medhi El Batmi et Fares Chebboub ont été dénoncés par un autre jihadiste français de retour de Syrie. Ils ont tous les deux été interpellés en novembre 2014.

Une image de propagande montrant des combattants du groupe Etat islamique à Raqqa, en Syrie, le 19 novembre 2015. 
Une image de propagande montrant des combattants du groupe Etat islamique à Raqqa, en Syrie, le 19 novembre 2015.  (MAXPPP)

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Leurs regrets n'ont pas convaincu les juges. Deux Avignonnais qui étaient partis en Syrie en 2014 rejoindre Oumar Diaby, considéré comme le premier recruteur de jihadistes français, ont été condamnés, vendredi 26 février, à cinq et six ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris. Des peines assorties d'une période de sûreté des deux tiers.

La procureure avait demandé au tribunal de ne pas se fier à la naïveté et au repentir exprimé par les prévenus, en évoquant l'hypothèse de leur participation à "une cellule dormante". Les deux prévenus ont été dénoncés par un autre jihadiste de retour de Syrie, Hamza Mandhoui, selon qui l'un d'eux serait retourné en France pour commettre un attentat. Mais aucun autre élément du dossier n'a permis au juge d'étayer cette thèse, finalement abandonnée par l'accusation.

Des jeunes en perdition, selon leurs avocats

Pour leurs avocats, Karim Morand-Lahouazi et Florian Lastelle, il s'agit avant tout de jeunes en perdition partis vivre une aventure qui, pensaient-ils, les sortirait de leur ordinaire. Medhi El Batmi, 27 ans, et Fares Chebboub, 26 ans, sont restés deux mois en Syrie. A la barre, ils ont expliqué avoir "fait les 400 coups ensemble" et ont raconté leur séjour en Syrie sans émotion apparente, avec décontraction, décrit comme d'une "aventure" du passé.

Les deux prévenus ont reconnu s'être entraînés avec des Kalachnikov, s'être portés volontaires pour une action commando qui devait accompagner un attentat-suicide. Mais, ont-ils assuré, l'opération n'a pas eu lieu. Se disant déçus de leur expérience, ils auraient alors prétexté des parents malades pour pouvoir rentrer en France. Ils ont été interpellés en novembre 2014, quelque mois après leur retour.