Houellebecq se défend de toute provocation dans son livre "Soumission"

L'écrivain reconnaît aussi "utiliser le fait de faire peur".

L\'écrivain français Michel Houellebecq, le 1er septembre 2014 à Venise (Italie).
L'écrivain français Michel Houellebecq, le 1er septembre 2014 à Venise (Italie). (GABRIEL BOUYS / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Quelques jours avant la sortie de son nouveau roman polémique Soumission, dans lequel il imagine une France dirigée par le chef d'un parti musulman, Michel Houellebecq se défend, samedi 3 janvier. Dans une interview accordée au journaliste de France Culture Sylvain Bourmeau, parue samedi dans la revue littéraire américaine Paris Review (en anglais), et en français sur le blog du journaliste hébergé par Mediapart, il refuse toute provocation ou satire. 

Soumission, piraté et disponible en ligne, débute à la fin du second mandat de François Hollande, en 2022. Dans une France au système politique fissuré, la Fraternité musulmane (parti inventé par l'auteur) bat Marine Le Pen au second tour de la présidentielle grâce à un front républicain.

"J'utilise le fait de faire peur"

"Je procède à une accélération de l'Histoire mais, non, je ne peux pas dire que c'est une provocation dans la mesure où je ne dis pas de choses que je pense foncièrement fausses, juste pour énerver. Je condense une évolution à mon avis vraisemblable", assure l'écrivain à propos de son 6e roman, qui sera publié mercredi 7 janvier par Flammarion. Il reconnaît néanmoins "utiliser le fait de faire peur" : "On ne sait pas bien de quoi on a peur, si c'est des identitaires ou des musulmans. Tout reste dans l'ombre."

"J'ai essayé de me mettre à la place d'un musulman, et je me suis rendu compte qu'ils étaient en réalité dans une situation totalement schizophrénique", poursuit-il. Ayant longtemps vécu en Irlande, Houellebecq se dit frappé "des énormes changements" en France et en Occident. "C'est l'une des raisons qui m'ont conduit à écrire" ce livre, confie-t-il. "Je ne suis pas un intellectuel. Je ne prends pas parti. Je ne défends aucun régime", martèle encore l'écrivain français qui estime que "l'islamophobie n'est pas une sorte de racisme"