François Hollande, candidat PS à l'élection présidentielle, invité sur TF1, le 27 février 2012.
François Hollande, candidat PS à l'élection présidentielle, invité sur TF1, le 27 février 2012. (FRED DUFOUR / AFP)

Il avait fait du "monde de la finance" son adversaire. Lundi 27 février au soir, François Hollande a visé une nouvelle cible : les très riches. Invité de l'émission de TF1 "Parole de candidat", le candidat socialiste s'est prononcé pour l'instauration d'un taux d'imposition de 75% pour les Français qui gagnent plus d'un million d'euros par an.

"Au-dessus d'un million d'euros par mois, le taux d'imposition devrait être de 75%", a-t-il dit avant de rectifier : "un million d'euros par an". Pour se justifier, le candidat PS a mis en avant "les progressions considérables des rémunérations des patrons du CAC 40, deux millions d'euros par [an] en moyenne". "Comment l'accepter ?" s'est-il interrogé après avoir rappelé son projet d'une tranche à 45% pour les revenus supérieurs à 150 000 euros annuels.

L'anti-bouclier fiscal

Cette proposition est à l'opposé du "bouclier fiscal", renforcé par le gouvernement en 2007, et supprimé en juillet 2011 sous la pression de la crise et de l'opinion publique. Ce dispositif plafonnait l'imposition à 50% des revenus. Il était qualifié de "cadeaux fait aux riches" par l'opposition, mais également par une partie de la majorité.

En août 2011, le député UMP du Val-de-Marne Gilles Carrez estimait que le nombre de Français déclarant plus d'un million d'euros par an était d'environ 30 000. Le rapporteur de la commission des finances de l’Assemblée nationale avait d'ailleurs à cette époque déjà proposé au gouvernement de taxer ces ménages. Il avait imaginé un nouvel impôt destiné à taxer le revenu fiscal de référence de 1% ou 2% lorsque celui-ci dépassait un million d’euros, comme le rapportait à l'époque Le Monde.fr.

Blocage des prix et prise en charge de la dépendance

Dans "Parole de candidat", François Hollande a également précisé que le blocage du prix des carburants, proposition socialiste vivement critiquée par l'UMP, durerait "trois mois", le temps d'"une pause où on met les distributeurs face à leurs responsabilités" avant de rendre flottante la TIPP (taxe sur les produits pétroliers).

Enfin, le candidat socialiste a proposé de mettre en place une cotisation pour financer l'accompagnement des personnes âgées dépendantes. "Soit chacun s'assurera avec ses propres revenus, et à ce moment-là c'est l'inégalité, et c'est un risque. (...)  Donc l'autre système, c'est un système de solidarité (...), le cinquième risque financé par une cotisation spécifique."