A quatre jours du second tour de l'élection présidentielle, François Hollande et Nicolas Sarkozy ont livré mercredi un débat tendu mais sans vainqueur évident, commentent jeudi 3 mai les éditorialistes de la presse française.

• Dans Libération, Nicolas Demorand, directeur de la publication et de la rédaction du quotidien, juge que "François Hollande a marqué bien des points" face à Nicolas Sarkozy, tout en reconnaissant que le président candidat ne s'est pas laissé faire. "Sur la forme, le président candidat fut pugnace, accrocheur, cherchant constamment le combat. A l’offensive mais aussi, souvent, sur la défensive. François Hollande, nettement plus serein, n’a pas esquivé, loin de là, n’hésitant pas à faire monter la pression et à attaquer lui aussi", analyse-t-il.

• Pour Le Figaro, la "tension" est aussi le maître-mot du débat. "Tous les dirigeants qui, en Europe, depuis 2008, ont dû affronter un scrutin majeur (...) ont perdu", écrit Paul-Henri du Limbert sous la une du quotidien barrée du titre Haute tension. L'éditorialiste estime avoir assisté mercredi soir à un débat entre "un ancien et un moderne", le premier étant François Hollande, le second Nicolas Sarkozy, selon lui.

• Pour Le Nouvel Observateur et son directeur de la rédaction, Renaud Dély, "le candidat socialiste a largement dominé un duel télévisé au cours duquel Nicolas Sarkozy a semblé plombé par le poids de son bilan". Renaud Dély tranche plus en faveur de François Hollande : "C'est le député de Corrèze qui émerge comme la vraie révélation cathodique de la soirée."

• Dans La Croix, François Ernenwein, éditorialiste du quotidien, estime que le président sortant a été légèrement dominateur, mais que cela ne devrait pas suffire pour être réélu. "Le chef de l'Etat a ainsi pu sans doute marquer des points. Mais, sans doute, sa domination n'a pas été à ce point décisive pour inverser la tendance installée de cette présidentielle où il est désormais en position de challenger", écrit-il.

• Dans un chat pour Le Monde, l'éditorialiste Françoise Fressoz résume : "On peut parler de match nul. Mais comme M. Hollande partait en position de favori, on peut dire qu'il reste le favori. M. Sarkozy n'est pas parvenu à le déstabiliser, alors que c'était vraiment son objectif de départ." Françoise Fressoz analyse aussi les points forts et faibles des candidats : au sujet des centres de rétention, "M. Hollande a eu du mal à expliquer s'il voulait les maintenir ou en faire une exception. C'est la seule fois où il a été vraiment en difficulté. Mais à chaque grande étape du débat, M. Sarkozy a utilisé la même technique : essayer de faire apparaître M. Hollande comme une personnalité sans beaucoup de convictions."