Migrants à Calais : une association dénonce la "politique du découragement" menée par la police

L'association L'Auberge des migrants reproche à la police de harceler les migrants et d'entraver ses missions humanitaires à Calais.

Un officier de police devant des migrants près de Calais, en Août 2017. 
Un officier de police devant des migrants près de Calais, en Août 2017.  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
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franceinfoRadio France

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Comme Médecins du monde à Paris, l'association L'Auberge des migrants à dénoncé les méthodes de la police envers les migrants à Calais. Elle repproche aux forces de l'ordre de mener "une politique de découragement" en "harcelant les exilés constamment". Invitée de franceinfo mardi 5 septembre, la responsable de cette association, Maya Konforti, a accusé les forces de l'ordre "d'entraver le travail des bénévoles".

franceinfo : Médecins du monde dénonce un "harcèlement policier" à Paris. Constatez-vous la même chose à Calais ?

Maya Konforti : De toute évidence. Cela fait des mois que c'est comme ça. La police essaie d'entraver le travail des bénévoles, en empêchant la distribution de nourriture et en harcelant constamment les exilés.

Cela se traduit comment concrètement ?

Ils nous disent par exemple : "Vous n'avez qu'une heure pour distribuer." Et alors que la distribution n'est pas terminée, ils nous empêchent de continuer. La nuit, c'est à l'égard des exilés eux-mêmes. La police va dans tous les endroits où ils dorment, les réveille, leur dit de dégager, les gaze s'ils ne dégagent pas suffisamment vite… Et quand les exilés reviennent deux heures plus tard, leurs couvertures, leurs sacs de couchage, leurs effets personnels ont disparu ou sont rendus inutilisables. Et ça, ça se passe toutes les nuits.

Vous avez d'ailleurs déposé une plainte…

Oui, car un camion de CRS est récemment entré sans permission dans notre entrepôt et en a fait tout le tour, alors que c'est un lieu privé. En revanche, pour les exilés, c'est toujours difficile de leur faire déposer plainte puisqu'ils sont dans la rue, qu'ils sont épuisés et qu'ils ont peur de la police. On a sans arrêt des témoignages de harcèlement par la police. Le gouvernement Macron dit : "Pas de point de fixation." C'est donc une politique de découragement qui est menée pour faire en sorte que les exilés en aient tellement assez d'être à Calais qu'ils finissent par disparaître.