Espérance de vie : trois graphiques qui montrent que nous sommes inégaux face à la mort

Un cadre peut espérer vivre sept années de plus qu'un ouvrier. Un écart qui se maintient depuis une quarantaine d'années.

Un cadre peut espérer vivre sept années de plus qu'un ouvrier. Un écart qui se maintient depuis une quarantaine d'années.
Un cadre peut espérer vivre sept années de plus qu'un ouvrier. Un écart qui se maintient depuis une quarantaine d'années. (THOMAS COEX / AFP)
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L'espérance de vie augmente, mais les écarts entre les différentes catégories de population sont toujours aussi importants. Chez les hommes, un cadre ou un diplômé du supérieur peut par exemple espérer vivre environ sept années de plus qu'un ouvrier ou qu'un non-diplômé. Et cet écart ne varie pratiquement pas depuis environ quarante ans. Francetv info détaille les conclusions d'une étude sur l'espérance de vie publiée jeudi 18 février par l'Insee.

Cette étude compare l'espérance de vie de plusieurs segments de population selon trois critères : le sexe, la catégorie socio-professionnelle et le niveau de diplôme.

Pour réaliser cette étude, l'Insee utilise le critère de l'espérance de vie à 35 ans. Les chiffres indiqués sont donc à lire comme le nombre moyen d'années restant à vivre au-delà de 35 ans dans les conditions de mortalité observées au cours des années mentionnées. Cette donnée n'est donc pas tout à fait identique à l'espérance de vie à la naissance – qui a diminué en 2015, même si la tendance sur plusieurs années est clairement à la hausse.

Les cadres peuvent espérer vivre plus longtemps que les ouvriers

A 35 ans, un cadre masculin peut espérer vivre encore 49 années, c'est-à-dire atteindre l'âge de 84 ans. Au même âge, un ouvrier n'aurait en moyenne plus que 42,6 années à vivre, atteignant ainsi 77,6 ans. Un cadre et un ouvrier sont donc séparés par un écart de 6,4 années d'espérance de vie. L'Insee souligne par exemple qu'un homme de 35 ans a 18 % de risques de mourir avant 65 ans s'il est ouvrier, contre 7 % s'il est cadre.

Pour les femmes, les écarts relevés entre classes supérieures et inférieures sont moins importants, mais bien réels. Ainsi, une femme cadre peut espérer vivre 3,2 années de plus qu'une ouvrière.

Comment expliquer ces observations ? D'abord par la nature des professions exercées : "les cadres sont moins soumis aux risques professionnels (accidents, maladies, expositions à des produits toxiques…) que les ouvriers", écrit l'Insee. Ensuite, les modes de vie des cadres favorisent davantage une bonne santé. Enfin, si l'on prend le problème dans le sens inverse, l'état de santé d'une personne peut lui-même avoir une influence sur l'appartenance à telle ou telle catégorie : "une santé défaillante peut empêcher la poursuite d’études, le maintien en emploi, ou rendre plus difficiles les promotions et l'accès aux emplois les plus qualifiés en cours de carrière", note l'institut.

Les plus diplômés ont une meilleure espérance de vie

Un homme sans diplôme a une espérance de vie inférieure de 7,5 années à celle d'un diplômé de l'enseignement supérieur. Chez les hommes, on observe des différences d'espérance de vie assez importantes selon le degré d'études atteint. Par rapport à un diplômé du supérieur, un simple bachelier a 1,8 année d'espérance de vie en moins, le titulaire d'un CAP ou d'un BEP en a 3,5 de moins, celui du brevet, 4,6 de moins.

Ces inégalités sont moins marquées chez les femmes. Une non-diplômée possède certes 4,2 années d'espérance de vie en moins qu'une diplômée du supérieur, mais les écarts sont beaucoup moins significatifs pour les femmes faiblement diplômées.

En quarante ans, les inégalités ne se sont pas résorbées

L'espérance de vie a progressé pour toutes les catégories depuis la période 1976-1984, de façon assez homogène (+7,3 années pour un cadre, +6,9 pour un ouvrier ; +5,5 années pour une cadre, +5,4 pour une ouvrière).

Au fil du temps, les écarts d'espérance de vie entre les cadres et les ouvriers (homme ou femme) stagnent. "Depuis la fin des années 1970, cet écart est proche de 6,5 ans pour les hommes et de 3 ans pour les femmes, souligne l'Insee. Ces dernières années, ils ont même eu tendance à augmenter légèrement."