"Il y aura des détecteurs de portables et nous les utiliserons pleinement." La lutte contre la fraude étant une des priorités du bac 2012, des "détecteurs de portables" seront expérimentés dans quelques centres d'examen. Ces mesures sont prises à la suite des fuites qui avaient ébranlé l'épreuve l'an dernier, a indiqué mercredi 13 juin le ministère de l'Education nationale.

Les portables doivent normalement être "éteints et rangés dans le sac du candidat ou remis aux surveillants de salle". Mais la fouille des élèves et des sacs étant interdite, l'efficacité de la mesure semble limitée. Passée la première heure, certains élèves sont susceptibles de se rendre aux toilettes et d'en profiter pour utiliser leur téléphone.

On ignore le nombre des détecteurs mis en place et s'ils seront disposés à l'entrée des salles d'examen ou à l'intérieur. Si un candidat est soupçonné d'utiliser un appareil interdit, l'épreuve ne sera pas interrompue. Mais la personne concernée sera convoquée à l'issue de l'examen, a précisé Cyril Moreau, responsable du pilotage des examens au ministère de l'Education. 

Des professeurs sceptiques

"C'est une excellente nouvelle parce que la fraude est quelque chose qui pourrit les examens", a réagi un professeur de philosophie au micro de France Info, tout en s'interrogeant : "Pourquoi est-ce qu'on n'a pas fait ça plus tôt ?"

Une responsable du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes) juge que même avec cette nouvelle mesure, les professeurs ne sont pas suffisamment armés pour lutter contre les fraudes. Elle réclame une réflexion de "grande ampleur".

Les tricheurs risquent trois ans de prison 

Au bac 2011, environ 400 candidats avaient été soupçonnés de fraude. Parmi eux, 250 avaient fait l'objet d'une sanction, généralement avec sursis, dont un tiers pour avoir utilisé un téléphone portable. Les autres fraudes sanctionnées concernaient majoritairement les traditionnelles antisèches, et quelques cas d'usurpation d'identité.

Le candidat qui a triché s'expose à une interdiction pendant cinq ans de toute inscription dans un établissement public dispensant des formations post-bac. Dans les cas les plus graves, il encourt également une peine de trois ans de prison et 9 000 euros d'amende.

Parmi les autres mesures de sécurisation du bac, les académies ont élaboré un "diagnostic de sécurité" des locaux affectés à la préparation des examens. Plus de 200 000 euros ont été débloqués pour remédier aux "failles de sécurité".