FAITS-DIVERS - Ils n'ont fait aucune victime mais des dégâts matériels légers sont à déplorer. Une vague d'attentats à l'explosif a secoué la Corse dans la nuit de dimanche à lundi 10 septembre, entre 00h15 et 1 heure du matin, a confirmé la préfecture. Des charges de faible puissance ont visé les devantures de cinq supermarchés Leclerc, d'un hypermarché Géant Casino et d'un magasin Décathlon, à travers l'île.

Bien qu'aucune inscription évoquant le FLNC (Front de libération nationale de la Corse, clandestin) n'ait été retrouvée sur place, la simultanéité et l'étendue géographique de ces actes ont mis les enquêteurs sur la piste d'une "nuit bleue" de la mouvance terroriste. Les constatations de l'identification judiciaire n'ont pas permis de déterminer la nature et le poids des charges employées, mais l'hypothèse d'un "engin artisanal" était évoquée sur place, par un expert. La section antiterroriste du parquet s'est saisie du dossier, qui est entre les mains de la direction régionale de la police judiciaire. 

Recomposition de la famille nationaliste 

La Corse est la région de France qui possède le plus grand nombre de supermarchés par rapport à sa population de 306 000 habitants. Cette forte implantation de la grande distribution, qui réalise sur l'île des profits substantiels, notamment l'été, est dénoncée par les partis nationalistes et par le FLNC dans ses communiqués.

Le 9 juillet dernier, un FLNC bis, proche de la tendance dite du 22 octobre, dont le pendant légal est le courant Rinnovu, se démarquait du FLNC, disant vouloir s'en prendre entre autres à la grande distribution, fustigeant "l'économie productive abandonnée au capitalisme sauvage", et aux groupes financiers "qui s'accaparent des pans entiers de l'économie". 

De plus, ces attentats ont été perpétrés quelques jours après l'annonce d'une scission au sein du parti indépendantiste Corsica Libera. Un groupe de militants de l'aile gauche du parti, en désaccord avec la direction, a annoncé jeudi dernier quitter Corsica Libera pour se réunir au sein d'une formation appelée U Rinnovu Naziunali (Le Renouveau national).  En l'absence de revendication, ces attentats ne sont reliés pour l'heure à aucun de ces mouvements.