Le gouvernement a dessiné mercredi 6 juin les contours du décret qui modifie les conditions de départ à la retraite des carrières longues. Voici ce qu'il faut en retenir : 

• Qui est concerné ?

Il s'agit de tous ceux qui ont débuté leur vie professionnelle à 18 ou 19 ans. C'est ce que l'on appelle les carrières longues. Ces personnes pourront s'arrêter de travailler à 60 ans, au lieu de 62 ans aujourd'hui, tout en bénéficiant d'une retraite à taux plein à la condition d'avoir cotisé 41 ans pour ceux qui sont nés jusqu'en 1955 et 41,5 ans pour ceux nés après. Au total, 110 000  à 120 000 personnes par an devraient être concernées.

• Les périodes de maternité et de chômage mieux comptabilisées

Pour bénéficier d'une retraite complète à taux plein, il faut avoir validé un certain nombre de trimestres : c'est la durée d'assurance requise, qui s'élève de 160 à 166 trimestres suivant votre année de naissance.

Les trimestres validés correspondent à l'addition de deux types de trimestres. D'un côté, il y a les cotisés qui "correspondent à des trimestres au cours desquels des cotisations retraites ont été effectivement prélevées sur le revenu et versées aux caisses de retraite". De l'autre, il y a les assimilés. Ils correspondent à des trimestres attribués gratuitement dans certaines circonstances : chômage, maternité/paternité, maladie, service militaire...

Jusqu'à maintenant, les parents pouvaient bénéficier de trimestres de majoration, dans la limite de 8 trimestres par enfant : 4 trimestres de majoration pour la mère, pour la grossesse et l'accouchement, et 4 trimestres au titre de l'éducation de l'enfant.

Désormais, les mères de famille pourront valider six trimestres de cotisation, et non plus quatre, au titre de la maternité.

Le gouvernement a aussi décidé de permettre d'ajouter deux trimestres supplémentaires au titre du chômage. Cette extension vise les seniors chômeurs de longue durée.

• Combien va coûter cette réforme?

Les estimations varient. Si le chiffrage initial était de 5 milliards d'euros en 2017 dans le programme de François Hollande durant la campagne, le montant avait été depuis revu à la baisse. Le Monde évoque 1,3 milliard cette année, et 3 milliards à l'horizon 2017. Ces dépenses seront financées par une hausse des cotisations salariales et patronales de 0,25 point en 2017, soit moitié moins que les prélèvements envisagés pendant la campagne.

• L'opposition dénonce le coût et la méthode

Pour l'UMP, la France n'a pas les moyens de revenir en arrière sur cette réforme des retraites. Le 3 juin, Jean-François Copé, le secrétaire général du parti, évoquait une "folie", sur le plateau de "C politique" sur France 5.

(France 5)


• Une réforme applicable quand ?

Une fois le décret rédigé, les partenaires sociaux seront de nouveau consultés, avant que le texte soit présenté devant le Conseil d'Etat dans un délai de trois semaines. Son entrée en application est prévue le 1er novembre 2012.