Des activistes allemands célèbrent le faux mariage de Angela Merkel et François Hollande, le 7 mai 2012, pour réclamer la mise en place d'une taxe sur les transactions financières.
Des activistes allemands célèbrent le faux mariage de Angela Merkel et François Hollande, le 7 mai 2012, pour réclamer la mise en place d'une taxe sur les transactions financières. (JOHN MACDOUGALL / AFP)

"Nous travaillerons bien et de façon intensive ensemble." Angela Merkel s'est voulue rassurante, lundi 7 mai, sur le bon fonctionnement du couple franco-allemand au lendemain de la victoire du candidat socialiste François Hollande à la présidentielle française. La chancelière allemande a fait savoir qu'il serait accueilli "à bras ouverts" lors de sa première visite en Allemagne, qui aura lieu après la passation de pouvoirs, le 15 mai. 

Pour autant, Berlin pose ses conditions au président élu français. Le porte-parole du gouvernement allemand a fait savoir un peu plus tôt que le pacte budgétaire européen ne serait pas modifié. Et de rappeler que ce pacte budgétaire a déjà été "signé par 25 des 27 Etats membres de l'Union européenne"  et a pour but de renforcer la discipline dans la gestion des finances publiques. 

Le porte-parole de la chancelière Angela Merkel était interrogé sur la volonté de François Hollande d'adjoindre à ce pacte un volet sur la croissance, qui provoque des réactions contrastées en Europe.

Pas de croissance "par des déficits"

A ce sujet, il a également réaffirmé les conditions de Berlin : l'Allemagne ne veut pas "d'une croissance par des déficits, mais d'une croissance par des réformes structurelles". En clair, il n'est pas question pour le gouvernement Merkel d'encourager en Europe des politiques de relance, mais il souhaite en revanche promouvoir la voie choisie par l'Allemagne et les réformes du marché du travail mises en place par l'ancien chancelier, Gerhard Schröder.

François Hollande avait marqué, dès son allocution de victoire, sa volonté de "donner à la construction européenne une dimension de croissance, d'emploi, de prospérité, d'avenir" et d'expliquer à Berlin et ses autres partenaires que "l'austérité pouvait ne plus être une fatalité".