A la boulangerie, un croissant sur deux est industriel

Parce que la production artisanale coûte cher, de nombreux boulangers font appel aux industriel, sans obligation de l'afficher.

Dans un cas sur deux, les viennoiseries et pâtisseries vendues en boulangerie sont d\'origine industrielle.
Dans un cas sur deux, les viennoiseries et pâtisseries vendues en boulangerie sont d'origine industrielle. (TÖRÖK-BOGNAR RENATA / GETTY IMAGES)
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Il sent bon, il est tout chaud sorti du four, livré avec amour par votre moitié, mais il y a des chances pour que ce croissant soit industriel. C'est le cas d'"une viennoiserie sur deux vendue dans les boulangeries artisanales", selon Philippe Godard, directeur de la communication de la Fédération des entreprises de boulangerie et pâtisserie française, interviewé sur France Info mercredi 27 juin. "Les boulangers n'avouent pas faire appel à l'industriel car, quelque part, ils trompent leurs clients", explique la radio. Ce qui vaut pour les croissants vaut aussi pour toutes les appétissantes pâtisseries qui remplissent les vitrines des quelque 30 000 boulangeries françaises.

Depuis 1998, les boulangers ont en effet l'obligation de fabriquer eux-mêmes leur pain. Pour le reste, ils sont libres de faire appel à un fournisseur industriel. "Quelques grands groupes se disputent le marché", précise France Info. Certains proposent "'un catalogue d'environ 700 références". "Un croissant sur catalogue coûte environ 20 centimes d'euros, il est revendu entre 80 centimes et 1,20 euros", détaille la radio.

C'est bien le motif qui pousse les boulangers à acheter des produits tout faits. Une boulangère parisienne affirme à la radio qu'en préparant elle-même ses pâtisseries, elle "perd de l'argent". Mais Jean-Pierre Crouzet, le président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française veut une "plus grande transparence, même si beaucoup de boulangers craignent la réaction de leurs clients".