Des moutons sont suspendus dans l'abattoir de Bailleul (Nord), vertifié halal par la préfecture, le 4 janvier 2011.
Des moutons sont suspendus dans l'abattoir de Bailleul (Nord), vertifié halal par la préfecture, le 4 janvier 2011. ( PIERRE LE MASSON / LA VOIX DU NORD / MAXPPP)

En visite au marché de Rungis (Essonne), Nicolas Sarkozy a jugé mardi 21 février que "la polémique" déclenchée par la présidente du FN sur la viande halal ce week-end"n'avait pas lieu d'être". "On consomme chaque année, en Ile-de-France, 200 000 tonnes de viande", dont "2,5% de viande casher et halal", a-t-il affirmé à l'entrée du pavillon consacré aux volailles et aux viandes de boucherie.

( Jeff Wittenberg, Emmanuel Beke, Olivier Gardette - France 2)

14% de la viande vendue en France est halal

La veille, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a tenu à dénoncer les "mensonges grossiers" de Marine Le Pen. Il a nié en bloc les affirmations de la candidate FN, selon qui la totalité de la viande distribuée en Ile-de-France serait halal. "Tous les faits, tous, que présentent madame Le Pen et le Front national sont inexacts""Il n'y a pas 60% de viande halal en France" comme le prétend la candidate FN, "le chiffre exact, c'est 14%".

Le ministre a également précisé que "les 220 000 tonnes de viande consommées chaque année en Ile-de-France viennent à 95% d'abattoirs de province" et non d'abattoirs d'Ile-de-France. Des abattoirs qui pratiquent l'abattage halal, mais sont de petite taille.

Un décret "signé il y a quelques jours"

Bruno Le Maire a reconnu qu'il y avait eu "effectivement des abus et des dérives dans l'abattage rituel". "Mais je n'ai pas attendu madame Le Pen pour les constater", a-t-il ajouté. Le gouvernement a "fait depuis un an tout un travail de consultation, avec toutes les communautés religieuses concernées et avec les responsables de la filière viande, pour essayer de trouver les règles les mieux adaptées". Un décret en ce sens a été adopté "il y a quelques jours et sera applicable à partir du 1er juillet".

Ce décret "va remettre effectivement davantage d'ordre dans l'abattage rituel en France, avec un régime d'autorisation préalable, avec une formation des sacrificateurs, des contrôles sanitaires plus stricts et avec l'obligation d'avoir un bon de commande pour pouvoir" procéder à l'abattage rituel. "Ce qui garantira la traçabilité totale des animaux et de la viande halal".