Un juge va enquêter sur les suicides chez France Télécom

Comme France Info le révélait dès hier soir, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour harcèlement moral et mise en danger de la vie d'autrui suite aux 35 suicides chez France Télécom. C'est le syndicat Sud qui a porté plainte. _ Un juge d'instruction sera donc désigné pour enquêter sur l'organisation du travail.

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(Actualisé à 11h30)

Cette enquête est une grande première : elle ne visera pas des dysfonctionnements ou des négligences, mais l'organisation du travail dans son ensemble. C'est le système de management qui sera étudié. Un système basé, selon ses détracteurs, sur le stress et qui aurait créé du harcèlement, entraînant dépressions et suicides.

Cette instruction est ouverte sur la base d'un rapport d'une inspectrice du travail. Ce document de 82 pages, que France Info s'est procuré, est accablant : l'inspectrice rapporte comment les responsables de France Télécom se sont fixés pour objectif le départ de 22.000 personnes du groupe, et quelles pressions le personnel a ensuite enduré. Elle rappelle surtout les dizaines d'alertes venues des médecins du travail, des messages alarmistes sur la santé mentale d'une partie des salariés. Des signaux jamais pris en compte.

Le syndicat Sud avait porté plainte il y a quelques mois contre l'ancien PDG Didier Lombard et deux des plus hauts responsables de l'entreprise, en particulier pour harcèlement moral et mise en danger de la vie d'autrui. Son avocat, Me Jean-Paul Teissonnière, estime que ce dossier fait surgir une nouvelle forme de délinquance, à base de stress et de harcèlement.

Un autre syndicat de France Télécom, la CFE-CGC-Unsa, annonce ce matin qu'il se joint à la plainte déposée par Sud-PTT : il va se
constituer partie civile.

Matthieu Aron