Un danseur condamné pour un selfie avec Jean-Marie Le Pen dormant dans un avion

Brahim Zaibat devra verser 1 euro au fondateur du FN et retirer le cliché controversé. Il a été condamné du tribunal de grande instance de Paris.

Le danseur Brahim Zaibat lors des NRJ Music Awards, à Cannes (Alpes-Maritimes), le 13 décembre 2014.
Le danseur Brahim Zaibat lors des NRJ Music Awards, à Cannes (Alpes-Maritimes), le 13 décembre 2014. (DAVID CHEVALIER / CITIZENSIDE.COM / AFP)
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Brahim Zaibat a été condamné à verser 1 euro à Jean-Marie Le Pen, mercredi 10 février, et à retirer un selfie peu flatteur dans les 48 heures, sous peine de payer une astreinte de 1 000 euros par jour de retard.

En décembre, le danseur avait publié un selfie aux côtés du fondateur du FN, endormi dans un avion, la bouche entrouverte. Largement diffusée et reprise sur les réseaux sociaux, l'image était accompagnée d'un commentaire, à la veille du second tour des régionales : "Mettez les KO demain en allant tous voter. Pour préserver notre France fraternelle !!!" En réalité, la photo avait été prise deux ans plus tôt, sur un vol entre Paris et Nice.

> Que risque-t-on à diffuser sur les réseaux sociaux une photo sans autorisation ?

"Ni dégradant, ni malveillant"

Jean-Marie Le Pen avait alors saisi la justice pour atteinte à la vie privée et au droit à l'image. Il réclamait le retrait du cliché et la somme de 50 000 euros. Le tribunal de grande instance de Paris a estimé que le cliché constituait "une atteinte au droit exclusif dont M. Le Pen dispose sur son image", même s'il présentait "un caractère humoristique". Pour la juge, il a été "réalisé et diffusé sans son autorisation et sans être justifié par le sujet d'actualité politique en cause avec lequel il ne se rattache que de manière artificielle".

En revanche, le tribunal a simplement alloué 1 euro de provision à Jean-Marie Le Pen, car il estime que le cliché n'est "ni dégradant ni malveillant". Une décision qui exaspère l'avocat de Jean-Marie Le Pen, Frédéric Joachim : "Quand Jean-Marie Le Pen gagne, on ne lui accorde qu'un euro". Quant à Vincent Tolédano, avocat de Brahim Zaibat, il compte bien faire appel de cette décision : "Les personnes publiques doivent supporter le regard critique des citoyens."