Toulouse ne saurait pas faire face à des attentats multi-sites

Après les attentats de Paris, une réunion "relative à la malveillance terroriste et à la doctrine de secours sécurité en cas d’attentats multi-sites" s’est tenue mercredi dernier à la préfecture de Haute-Garonne. Son compte rendu que France Info s'est procuré est assez alarmant.

(A Toulouse, les services de secours et de police ne sont pas prêts à affronter des attaques terroristes multi-sites © Maxppp)
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Les hôpitaux trop vite saturés

En Haute-Garonne, les hôpitaux ne pourraient pas gérer plus d'une dizaine de blessés par balle. Les services, notamment de chirurgie, serait saturés au-delà de ce seuil. De même, il n'y a qu'un seul service pédiatrique. Et il faudrait au moins deux heures pour battre le rappel de tous les hôpitaux de la région. Par ailleurs, les médecins ne sont pas formés aux soins pour des blessures de guerre. 

Deux heures pour faire venir le GIGN ou le Raid

La réunion devait aussi définir les priorités dans un tel cas et deux camps se sont opposés : d'un côté, ceux qui estiment qu'il faut d'abord protéger le personnel médical avant de soigner ; de l'autre, les médecins et pompiers qui ne souhaitent pas attendre qu'un lieu soit sécurisé pour sauver des vies. D'autant que cette attente pourrait être longue : n'étant pas sur place, les unités d'élite du Raid ou du GIGN mettrait deux heures pour arriver sur les lieux. Pendant ce temps, les "primo-intervenants" comme la BAC, police-secours ou la gendarmerie sont donc fortement exposés.

La nouvelle doctrine précise cependant que les services d'ordre doivent tirer pour sauver des vies, isoler les terroristes dans un local si c'est possible et ne pas négocier avec eux, ou le moins possible. Il y a au moins un point positif dans ce document : le constat est sans concession.

De son côté, la préfecture de Haute-Garonne affirme que le département est bien en mesure de faire face à une prise en charge massive de victimes. Cela avait d'ailleurs été le cas en 2001 lors de la catastrophe d'AZF. Mais elle reconnaît que les services de l'Etat sont en train de muscler leurs plans d'intervention.

"Les plans existants vont être améliorés" Frédéric Rose, directeur de cabinet du préfet de Haute-Garonne
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