L'inventeur du slogan "Je suis Charlie" veut empêcher son exploitation commerciale

Alors que des mugs et des T-shirts sont déjà vendus sur internet, Joachim Roncin étudie les moyens de lutter contre la récupération mercantile de ce slogan qui a fait le tour du monde.

Des T-shirts "Je suis Charlie" sont fabriqués aux Pays-Bas, le 9 janvier 2015.
Des T-shirts "Je suis Charlie" sont fabriqués aux Pays-Bas, le 9 janvier 2015. (MAXPPP)

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L'homme derrière le slogan "Je suis Charlie", c'est lui. Le designer Joachim Roncin étudie des moyens d'action pour prévenir une exploitation commerciale de cette phrase née de l'émotion qui a suivi l'attaque de Charlie Hebdo, le 7 janvier. Jeudi 15 janvier, son avocate, Myriam Witukiewicz-Sebban, avait annoncé sa volonté de déposer le slogan, une information démentie peu après par Joachim Rocin sur Twitter. Cette démarche sera conduite en coordination avec Charlie Hebdo, dont le dernier numéro est sorti mercredi avec un tirage exceptionnel annoncé de cinq millions d'exemplaires.

"Joachim Roncin va se baser sur son droit d'auteur pour tenter de maîtriser la diffusion et pour essayer de conserver le message initial intact", a déclaré son avocate, à propos de ce slogan qui a fait le tour du monde. Devenu un mot de ralliement pour des millions de manifestants, le slogan symbolise depuis la lutte pour la liberté d'expression et fait à ce titre l'objet de nombreuses convoitises : on le voit déjà apparaître sur un peu tout et n'importe quoi, du T-shirt au mug.

L'auteur "choqué" par la récupération

Joachim Roncin, 39 ans, qui travaille pour le magazine parisien Stylist, est un peu désarçonné par le tour qu'ont pris les événements depuis qu'il a lancé le slogan sur Twitter. "Franchement, je suis choqué par tout ce qui se passe avec les gens qui veulent faire du commerce. Je pense que ça dévalorise profondément le sens et le message initial de ce slogan", a-t-il expliqué à l'AFP.

"En ce moment, je travaille avec les avocats sur les actions à mettre en place pour lutter autant que possible contre cette récupération. Parce qu'une chose est sûre : beaucoup de gens disent que les bénéfices iront à Charlie Hebdo, aux associations, mais il faut savoir si c'est vrai ou pas", a-t-il poursuivi.

L'Institut national de la propriété industrielle (INPI) a indiqué jeudi à l'AFP avoir refusé 120 dépôts de la marque "Je suis Charlie", dont "deux dossiers qui visent des armes" a-t-il précisé sans autre détail.