Fausse alerte à Paris : deux hackers prétendent être à l'origine du canular

A "L'Obs", les deux adolescents assurent avoir agi pour "faire du buzz". 

Des policiers déployés autour de l\'église Saint-Leu, le 17 septembre 2016 à Paris.
Des policiers déployés autour de l'église Saint-Leu, le 17 septembre 2016 à Paris. (MAXPPP)
avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

Ils se sont vantés sur les réseaux sociaux d'avoir "fait déplacé des hélicos (sic), le gouvernement, 50 voitures de police" et d'être "passer (sic) sur BFMTV et 10 journal (sic) hihi". Après une vaste opération antiterroriste dans le centre de Paris, samedi 17 septembre, L'Obs est entré en contact avec deux jeunes revendiquant le coup de fil à l'origine de la fausse alerte. Selon un article de l'hebdomadaire publié dimanche soir, les deux adolescents affirment avoir 16 et 17 ans et expliquent avoir passé ce coup de fil à la police simplement pour "rechercher le buzz".

Leur projet initial aurait été de viser une mosquée, mais après l'assassinat d'un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray le 26 juillet, près de Rouen, ils se seraient dit "que ça marcherait mieux avec une église", selon leurs propos rapportés sur le site de L'Obs. "On a fait ça pour le buzz, si les gens ont eu peur c'est leur problème", pavoisent les deux jeunes dans L'Obs. Le magazine transcrit en partie l'échange entre les adolescents et les policiers, qu'il a pu partiellement écouter. 

Un canular appelé "swatting"

Un appel à la police, lancé samedi à 15h39, avait alerté sur une possible prise d'otages en cours à l'église St-Leu, dans le quartier des Halles, déclenchant cette vaste opération de police, avec intervention de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI). Pour les hackers, ce type de fausse alerte porte un nom : le "swatting", en référence au Swat, l'unité d'élite de la police américaine qui se retrouve ainsi piégée, mobilisée pour rien. 

"J'ai dit que j'étais caché dans la cave et que dix Maghrébins étaient rentrés avec des armes dans l'église", explique ainsi l'un des jeunes, qui prétend s'être fait passer pour un prêtre au téléphone. 

Selon le Code pénal, le délit de fausse alerte est passible de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende, rappelle L'Obs. Cependant, les deux hackers n'ont "pas peur de la police". "On n'est pas traçables, on utilise des serveurs cryptés". 

Des comportements "irresponsables"

Une source policière a confirmé à l'AFP que "ce sont des personnes qui ont vraisemblablement voulu faire le buzz. Reste à les trouver, ce qui peut demander du temps." Si l'enquête confirme que des hackers sont derrière cette action, "ce sont des comportements totalement irresponsables", a réagi le porte-parole du ministère de l'Intérieur Pierre-Henry Brandet. "Ils le sont plus encore dans le contexte de menace terroriste actuel : c'est prendre sciemment le risque de détourner les forces de sécurité et de secours de véritables cas d'urgence, et de mettre en péril la vie d'autres personnes", a-t-il ajouté.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "dénonciation de crime imaginaire" et "divulgation de fausses informations afin de faire croire à une destruction dangereuse", a-t-on appris de source judiciaire. "Les enquêteurs cherchent à déterminer les conditions dans lesquelles cette alerte a été donnée et s'orientent vers une fausse alerte malveillante", a déclaré la même source.

Via l'application pour smartphone SAIP (Système d'alerte et d'information aux populations), les autorités avaient délivré un message "église - alerte attentat". La formulation de ce message a été critiquée, car pour beaucoup elle donnait à croire qu'un attentat était réellement en cours.