VIDEO. David, un rescapé du Bataclan, toujours assailli de crises d'angoisses

Photographe chilien de 24 ans qui vit à Paris depuis de nombreuses années, David mêle aujourd'hui une envie de vivre et beaucoup de culpabilité.

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NATHALIE PEREZ et STÉPHANE PICHAVANT - FRANCE 3
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David a cru mourir sous les balles d'un jihadiste qui l'a retenu en otage au Bataclan vendredi 13 novembre. Ensuite, il a pensé que sa dernière heure était arrivée lorsque l'homme, l'un des trois kamikazes de la salle de concert, s'est fait exploser pendant l'assaut. Pour ce photographe chilien de 24 ans qui vit à Paris depuis de nombreuses années, l'envie de vivre se mêle aujourd'hui à la culpabilité.

Au Bataclan, il était au 1er étage de la salle le vendredi 13 novembre. David a d'abord pensé que les bruits assourdissants qu'il entendait étaient des pétards. Mais il a vite compris qu'il s'agissait de coups de feu. En voyant les gens mourir, il a réalisé qu'il se passait quelque chose de grave, "sans trop comprendre encore". Il a alors tenté de s'échapper par une fenêtre donnant sur la rue située derrière le Bataclan et s'est retrouvé suspendu dans le vide.

"La cible était française"

David est alors repéré par un des trois terroristes qui tiraient sur la foule. L'homme le braque avec son arme, lui demande de descendre. "J'espère que t'es tout seul parce que sinon je te tue. Je viens de tuer cent personnes et ce n'est pas toi qui feras la différence", lui lance le jihadiste. Les kamikazes posaient des questions sur la nationalité, sur les positions politiques des personnes qu'ils braquaient. David reste persuadé que "la cible était vraiment française".

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NATHALIE PEREZ - FRANCE 3

Après une négociation de plus d'une heure entre la BRI et le terroriste qui se trouve avec lui et d'autres otages, la police lance l'assaut, l'homme se fait exploser et David se retrouve projeté contre le mur et "complètement sourd", dit-il. Son envie, aujourd'hui, est de devenir français, en reconnaissance des forces de l'ordre qui l'ont sauvé.

"Impression d'être né de nouveau"

David se dit bien entouré par ses proches aujourd'hui, mais des périodes difficiles le hantent de temps en temps : "Je me replie, c'est au-delà de la peur, c'est une situation d'affliction qui se produit de temps en temps, quand je suis à l'extérieur, quand je me trouve seul", confie-t-il. Il se demande souvent où sont les sorties de secours dans n'importe quel lieu où il peut se trouver. Un "état d'hypervigilance, (...) c'est fatiguant", explique-t-il.

David n'arrive plus à se retrouver en concert alors même qu'il aurait bien envie d'écouter un groupe qui jouait à la Cigale à Paris : "L'idée de me retrouver dans une salle de concert, dans les mêmes situations que celles du Bataclan, c'était impossible pour moi." Il parle de crises d'angoisse. "J'ai l'impression d'être né de nouveau, d'être une nouvelle personne."

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