EN IMAGES. Attentats du 13-Novembre : des tatouages pour porter le deuil

Des dizaines de victimes du 13 novembre 2015 se sont fait tatouer. Une marque qu'il porte comme une "cicatrice".

Ils s'appellent Laura, Nahomy ou Ruben. Comme eux, des dizaines de victimes des attentats du 13 novembre 2015 se sont fait tatouer pour se souvenir, porter le deuil et réapprendre à vivre. 

Certains rescapés sortis indemnes du Bataclan ou de l'attaque des terrasses parisiennes considèrent leur tatouage comme la "cicatrice" qu'ils auraient dû porter sur eux. Pour d'autres, le motif gravé sur leur peau peut être une façon de se souvenir de l'horreur vécue cette nuit-là, ou bien de signifier une note d'espoir. Certains portent aussi sur eux le deuil de ceux qui sont partis.

"Le tatouage est une manière de faire peau neuve, une métamorphose", rappelle David Le Breton, sociologue du tatouage à l'AFP. Il permet de "se réappropier la tragédie, de rester fidèle aux personnes disparues, à l'émotion du moment, d'avoir traversé la mort en restant indemne". Franceinfo a compilé les photos prises par Joël Saget et Eric Feferberg. 

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"J'ai récupéré mon corps et transformé l'horreur en beau, explique Laura Lévêque. J'ai mariné dans le sang. Recouverte de chair. J'ai été imprégnée des victimes". Elle qui se sent parfois "dans les limbes", arbore un énorme corbeau sur l'épaule, une éclipse, un serpent qui se mord "pour le cycle de la vie et de la mort", et "des fleurs qui poussent sur les champs de combat". JOEL SAGET / AFP
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Trois mois à peine après la tuerie dont elle a réchappé, Nahomy Beuchet, 19 ans, a, elle, fait dessiner le Bataclan à l'intérieur de son bras, la date du 13/11/15 et les mots "peace, death metal, love", titre d'un album du groupe qui jouait au Bataclan ce soir-là, les Eagles of Death Metal. ERIC FEFERBERG / AFP
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"Il est mon pansement, ma force, ma piqûre de rappel", résume Manon Hautecœur en évoquant le lion et la devise de Paris, Fluctuat nec mergitur, gravés à l'intérieur de son bras. "Quand on n'a été blessé 'que' psychologiquement, on a l'impression de ne pas être une victime parce qu'on ne porte pas sur nous les traces de notre présence ce soir-là. C'est ma cicatrice", explique la jeune femme qui se trouvait près du restaurant Le Petit Cambdoge. JOEL SAGET / AFP
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"Je n'avais pas de blessure, il fallait quelque chose." Sur le bras de David Fritz Goeppinger, 25 ans, ex-otage du Bataclan, on lit en chiffres romains la date du 13 novembre. JOEL SAGET / AFP
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"C'est ancré et encré." Alexandra, blessée au bar Le Carillon, a insisté, après s'être fait extraire une balle du coude, pour tatouer près de sa cicatrice la devise Fluctuat nec mergitur. JOEL SAGET / AFP
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Fluctuat nec mergitur : ces mots ornent également depuis juillet le bras de Ruben, qui a passé six mois à l'hôpital. "Je voulais que ce soit identifiable, sans que ce soit un panneau 'j'étais au Bataclan'". JOEL SAGET / AFP
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Un phénix a vu le jour sur le bras de Stéphanie Zarev, 44 ans, là où elle a été effleurée par un éclat de balle. Un "besoin de marquer dans la chair" que "malgré l'horreur de ce soir-là, il y a encore des belles choses à vivre". JOEL SAGET / AFP
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Sophie a pris deux balles dans la jambe. Sa cuisse est recouverte d'une immense Catrina (femmes maquillées avec une tête de mort, dans la tradition mexicaine). Elle a aussi fait tatouer un tournesol sur son pied immobilisé. "Je ne voulais pas sublimer ma cicatrice, j'ai illuminé ma jambe", sourit la jeune femme de 33 ans. JOEL SAGET / AFP
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"C'était vendredi 13, on était 13 dans la fosse, on est ressortis vivants", raconte Ludmila Profit. Elle avait déjà le contour d'un trèfle tatoué derrière l'oreille. Elle a fait inscrire un "13" au milieu et un "fuck" en dessous, et une note . "A l'intérieur de mon oreille, j'ai mis une note de musique, explique Ludmila Profit, 24 ans. Fuck pour le côté rock and roll, fuck les terroristes." JOEL SAGET / AFP
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Fanny Proville a perdu son compagnon au Bataclan. Elle a fait inscrire dans son dos "Sometimes you need to let things go", pour "matérialiser". "Je sais que c'est là. Comme Olivier, je sais qu'il est là, même s'il ne l'est plus." JOEL SAGET / AFP