Attentats : deux nouvelles indemnisations pour les victimes de terrorisme

Comment évaluer le préjudice de ceux qui ont cru mourir au Bataclan ? Ou des familles qui ont attendu des heures des nouvelles de leurs proches ? Ce mardi matin, l'État a annoncé la création de deux nouvelles indemnisations pour les victimes de terrorisme.

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Deux victimes de l'attentat du Bataclan, deux récits d'horreur et deux blessures immenses qui ont la particularité d'être invisibles. Emmanuel Domenach assistait au concert ce soir-là, un moment de fête, jusqu'à ce qu'il croise la route des terroristes. "J'ai cru que j'allais mourir. J’ai cru que ma dernière heure était venue. J'ai cru que je n'allais jamais revoir mes proches. Ce que j'ai vécu, c'est un concert de rock qui s'est transformé en quelques minutes en une scène de guerre. J’ai eu la chance de pouvoir partir, quitter la salle de concert, sous les balles et au milieu d'une mare de sang", témoigne-t-il. Patricia Correia a perdu sa fille Préscilla au Bataclan. Pendant d'interminables heures, elle l'a cherchée, refusant d'envisager le pire.

"On crée des discriminations entre les victimes"

Désormais, ces blessures invisibles seront indemnisées. Le fonds de garantie des victimes de terrorisme prévoit entre 5 000 et 30 000 euros pour le préjudice d'angoisse de mort imminente. Et de 2 000 à 5 000 euros seront accordés aux proches des défunts qui ont souffert du préjudice d'angoisse et d'attente. Une première, mais qui heurte de très nombreuses victimes. "Ce qui est dramatique, c'est qu'en voulant, j'espère, bien faire, on créé des discriminations entre les victimes et les proches de victimes et ça, c'est catastrophique", estime Emmanuel Domenach. Le fonds d'indemnisation évalue déjà à 3 500 le nombre de bénéficiaires. Le montant global pourrait atteindre 20 millions d'euros.  

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Des policiers et des membres des équipes de secours près de la station de métro Parsons Green, à Londres (Royaume-Uni), après un attentat, le 15 septembre 2017. (ADRIAN DENNIS / AFP)