TEMOIGNAGES. Attentats à Paris : "J'ai vu des corps se faire transpercer par des balles"

Plusieurs personnes qui se trouvaient sur les lieux des différentes attaques ont livré leurs témoignages. Francetv info les a compilés.

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Les témoignages sont glaçants. Des attaques terroristes sans précédent, menées simultanément sur plusieurs lieux, du Stade de France au cœur de Paris, ont fait vendredi 13 novembre au moins 128 morts et 180 blessés, selon un bilan provisoire, donné samedi à 10 heures. Voici les premiers témoignages des personnes qui se trouvaient sur place.

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Au Bataclan : "Ils tiraient au hasard sur la foule"

Le Bataclan, célèbre salle de concert parisienne du 11e arrondissement, a été le théâtre de l'attaque la plus sanglante, avec un bilan provisoire de 82 morts. Sur France 2, Célia a expliqué dès vendredi soir comment elle a compris que ce qu'elle prenait au départ pour des pétards étaient en réalité des balles tirées par les terroristes. 

Elle a pu voir les assaillants "environ quatre, à visage découvert". Ils ont notamment fait référence à la Syrie avant d'ouvrir le feu. "L'un d'eux a dit : 'Vous avez tué nos frères en Syrie et nous, on est là.' Ils ont alors tiré sur toute la foule. Ils ont tiré non-stop durant dix bonnes minutes", raconte-t-elle.

"Ils tiraient au hasard sur la foule. Ils étaient très jeunes, une vingtaine d'années. Ils étaient tout en noir. (...) J'ai vu des corps se faire transpercer par des balles." Julien Pearce, journaliste à Europe 1, était aussi dans la salle au moment de l'attaque. Il décrit un carnage, une scène apocalyptique et raconte comment il a pu s'enfuir alors que les assaillants tiraient encore sur la foule.

Tout le monde se marchait dessus pour essayer de passer derrière la scène.

Julien Pearce, journaliste présent au Bataclan au moment de l'attaque

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Clarisse était elle aussi au Bataclan. Elle s'en est sortie saine et sauve car elle est restée cachée pendant trois heures dans les combles de la salle de spectacle. "J'ai couru, couru, on s'est tous mis à plat ventre, on a essayé de trouver une sortie, on a essayé de taper contre les portes des loges, quelqu'un nous a ouvert...", raconte-t-elle.

Au restaurant Le Petit Cambodge : "C'était surréaliste"

"J'ai entendu du bruit. (...) Il y avait plein de cadavres par terre, plein de cadavres..." Un homme travaillant à proximité du restaurant Le Petit Cambodge, dans le 10e arrondissement de Paris, raconte à BFMTV l'horreur vécue quelques minutes après l'attaque. "Je ne savais pas si c'était la réalité, une fiction", poursuit-il.

"C'était surréaliste, tout le monde était à terre, personne ne bougeait", relate une femme à l'AFP. "Une fille était portée par un jeune homme dans ses bras. Elle avait l'air morte." Au moins 12 personnes sont mortes, selon le dernier bilan.

Dans la rue de Charonne : "Recule, ça tire"

A cet endroit, le bilan provisoire de l'attaque fait état de 19 morts. Un chauffeur de VTC, appelé pour une course, a filmé son arrivée rue de Charonne. Alors qu'il s'approche, on entend alors des bruits sourds, répétés. "Recule, ça tire !", s'exclame le passager. Le chauffeur s'exécute, les balles continuent de retentir. "C'est un attentat, tu crois ?", s'interroge l'un des occupants. Il arrive ensuite sur les lieux pour aider les blessés.

Evelyne a entendu depuis sa fenêtre au moins 20 déflagrations dans la rue et vu les blessés sortir d'un restaurant. Elle témoigne sur France Info : "J'ai vu un fiancé qui criait après sa fiancée pour pas qu'elle s’endorme. Elle était sur le brancard, ils l’ont emmenée, c'était atroce…"

Rue de la Fontaine au roi : "On s'est mis à quatre pattes dans le restaurant"

Un journaliste du Monde était dans un restaurant à proximité du lieu lorsqu'il a entendu des coups de feu. "Ça dure une vingtaine de secondes. C’est long, très long. Des gens croient à un feu d’artifice", raconte-t-il. Il poursuit son récit avec l'arrivée de deux femmes dans le restaurant.

L'une d'elle, après avoir bu un verre d'eau, se livre : "Je suis experte-comptable, notre cabinet est en bas de la rue de la Fontaine au roi. On avait des dossiers à finir tard. Nous sommes allées au traiteur chinois, à côté du Palais des glaces, pour acheter des nems avant de retourner au bureau. Le restaurant était bondé. On a choisi nos nems et puis on a entendu 'Tatatata'… Ça tirait de partout. On s'est mis à quatre pattes dans le restaurant. Certains se sont réfugiés dans la cuisine. Nous, on est monté à l’étage."

Au Stade de France : "Ça s'est passé en une fraction de seconde"

Alors que l'équipe de France affrontait l'Allemagne en match amical (2-0), deux très fortes explosions se sont fait entendre sur l'antenne de TF1. Pour beaucoup d'observateurs, au moment du match, ce sont de bombes agricoles. En réalité, il s'agissait de bombes portées par trois autres kamikazes et qui visaient le public du Stade de France.


"On sortait du stade, on a vu un mouvement de foule. Ma mère a pris un chemin et moi un autre, et je me suis retrouvé à quelques mètres du tireur qui était en fuite car il n'avait plus rien dans son chargeur, rapporte Victor, 16 ans, au micro de RTL, qui assistait au match. Je n'ai rien vu, j'ai couru très vite car j'avais très, très peur. Je n'ai pas pu voir à quoi il ressemblait. Ça s'est passé en une fraction de seconde." Il a pu retrouver sa mère sur la pelouse du Stade de France.