Saint-Denis : "On ne veut pas de traitement différencié pour les victimes des attentats"

Les anciens habitants de l'immeuble de Saint-Denis partiellement détruit lors de l'assaut contre les terroristes, le 18 novembre, ont occupé quelques heures la basilique de Saint-Denis, mercredi, pour réclamer leur relogement.

Rassemblement des habitants des immeubles touchés par l'assaut de Saint-Denis, le 23 décembre 2015 devant le ministère des Affaires étrangères (Paris). 
Rassemblement des habitants des immeubles touchés par l'assaut de Saint-Denis, le 23 décembre 2015 devant le ministère des Affaires étrangères (Paris).  (CAMILLE ADAOUST / FRANCETV INFO)
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L'occupation n'a duré que trois heures et demie, mais ils estiment que c'est tout ce qui leur reste pour se faire entendre. Mercredi 4 mai, près de 200 personnes ont occupé l'entrée de la basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour réclamer le relogement des anciens habitants de l'immeuble pris d'assaut par les forces d'élite le 18 novembre 2015, alors que trois terroristes étaient retranchés au troisième étage, dans le bâtiment C. L'occupation de mercredi a été menée par le Droit au logement (DAL) et l'association des anciens habitants créée au lendemain de leur évacuation.

"Nous avions prévu de quitter les lieux en cas de réponse de la préfecture à nos demandes, mais ça n'a pas été le cas. Nous avons finalement été évacués de façon brutale", explique à francetv info Simon Le Her, du DAL. Une quarantaine de CRS ont sorti les manifestants de l'entrée de la basilique et de son parvis. 

Pour les manifestants, c'est une nouvelle preuve du mépris des autorités envers les anciens occupants du 48, rue de la République à Saint-Denis, dont l'immeuble est désormais en ruine. Six mois après l'assaut, sur les 45 ménages qui l'habitaient, seuls 14 ont été relogés durablement, selon le DAL. "Ces oubliés des attentats" réclament à la préfecture de tenir ses engagements. "Nous sommes sans nouvelle du préfet depuis le 28 février. Nous réclamons la reprise des discussions pour trouver une solution pour toutes ces familles". La situation est au point mort, et si certains ménages ont la chance d'être dans des appart-hôtels équipés de cuisines, d'autre n'ont qu'une chambre d'hôtel pour vivre.

Obtenir le statut de "victime du terrorisme"

Un immigré clandestin, célibataire, blessé lors de l'assaut, est le seul à ne pas même bénéficier d'un hébergement provisoire. A sa sortie de l'hôpital, il a été placé en centre de rétention avant de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). "Il dort depuis à droite, à gauche. Comme ses papiers sont toujours dans les ruines du bâtiment dont l'accès est toujours interdit, il ne peut prouver qu'il vivait au 48 rue de la République et être pris en charge", explique le militant. 

Mais au-delà du relogement, les sinistrés se battent pour obtenir un statut de "victime du terrorisme". En mars dernier, ils avaient déjà manifesté sous les fenêtres de la Chancellerie à Paris pour réclamer d'être indemnisés et considérés comme des victimes directes et à part entière du terrorisme. "On ne veut pas de traitement différencié pour les victimes des attentats, insiste Simon Le Her. Ces habitants n'ont rien demandé et se retrouvent complètement délaissés par les institutions."