Les attentats du 13 novembre n'auraient "pas eu lieu" sans le cryptage, selon le chef de la NSA

Cette technique de communication a permis aux jihadistes d'échapper aux radars de la surveillance.  

Le patron de la NSA, Michael Rogers, a confirmé le 17 février 2016 l'utilisation de technologies de cryptage dans l'organisation des attentats du 13 novembre en France. 
Le patron de la NSA, Michael Rogers, a confirmé le 17 février 2016 l'utilisation de technologies de cryptage dans l'organisation des attentats du 13 novembre en France.  (EDUARDO MUNOZ / REUTERS)

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"Clairement, si on avait su, [les attentats de] Paris n'auraient pas eu lieu." Dans une interview diffusée mercredi 17 février sur Yahoo News, le patron de l'agence de renseignement américaine NSA estime que l'utilisation d'outils de communications cryptées ont permis aux jihadistes qui ont perpétré les attaques du 13 novembre d'échapper aux radars de la surveillance.

Michael Rogers confirme l'utilisation de ces technologies de cryptage dans l'organisation des attaques coordonnées revendiquées par le groupe Etat islamique qui ont fait 130 morts et plusieurs centaines de blessés à Paris et à Saint-Denis. Selon le directeur de l'Agence de sécurité nationale, ces outils ont empêché les renseignements de remonter leurs traces. 

Bras de fer entre Apple et les autorités américaines

La publication de ces propos intervient en plein bras de fer aux Etats-Unis entre groupes technologiques, Apple en tête, et le gouvernement américain sur la protection des données stockées dans des téléphones réputés inviolables.

Le groupe à la pomme a balayé la demande "sans précédent" d'une juge américaine de donner accès à la police fédérale (FBI) au contenu crypté de l'iPhone d'un des auteurs de la tuerie de San Bernardino, qui avait fait 14 morts début décembre en Californie.

Michael Rogers affirme être en faveur du cryptage pour ce qui est de la sécurité sur internet. Mais il a fait part de ses réserves quant aux appareils qui ne peuvent pas être décryptés, même par des injonctions de justice ou des autorités. "Est-ce que le cryptage rend vraiment plus difficile pour nous d'accomplir notre mission ? Oui", a-t-il déploré.