L'état d'urgence pourrait être prolongé "jusqu'à ce que l'on puisse se débarrasser de Daech", estime Valls

Interrogé par la télévision britannique, le Premier ministre a estimé, vendredi, que les mesures exceptionnelles liées aux attaques terroristes devront durer "aussi longtemps que la menace est présente". 

Le Premier ministre Manuel Valls, le 21 janvier 2016 à Davos (Suisse), lors du Forum économique mondial.
Le Premier ministre Manuel Valls, le 21 janvier 2016 à Davos (Suisse), lors du Forum économique mondial. (FABRICE COFFRINI / AFP)
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Manuel Valls a déclaré, vendredi 22 janvier depuis Davos (Suisse), que l'état d'urgence en France pourrait être prolongé "jusqu'à ce que l'on puisse se débarrasser de Daech [acronyme arabe désignant l'Etat islamique]", dans une interview accordée à la BBC, en marge du Forum économique mondial.

La télévision britannique a interrogé le Premier ministre sur l'état d'urgence en France. Dans une première version de la retranscription de l'interview, non diffusée, la BBC écrivait que Manuel Valls annonçait une prolongation jusqu'à l'éradication du groupe Etat islamique. Une version corrigée laisse apparaître une version beaucoup plus nuancée. Le Premier ministre envisagerait cette possibilité, sans l'annoncer formellement. 

"Aussi longtemps que la menace est présente"

L'AFP a finalement publié une retranscription de l'interview qu'elle a pu visionner. Manuel Valls explique que "la guerre, c'est utiliser tous les moyens dans notre démocratie pour protéger les Français. Donc, c'est en effet l'état d'urgence. Nous allons voir si nous allons le prolonger". "Jusqu'à quand ?", l'interroge la journaliste de la BBC. Réponse : "Aussi longtemps que la menace est présente." Relancé par son interlocutrice, Manuel Valls poursuit : "Jusqu'à ce qu'on puisse, évidemment, en finir avec Daech". 

Interrogé sur le sujet, Matignon a rétropédalé, assurant à l'AFP qu'il n'y avait "aucune annonce" sur l'état d'urgence et que l'exécutif n'avait nullement "envisagé de le prolonger indéfiniment".

"Il faut que l'Europe et les Etats membres soient beaucoup plus actifs"

Le Premier ministre a été aussi interrogé sur la politique migratoire européenne. "Nous ne pouvons pas dire, nous ne pouvons pas accepter, que tous les réfugiés, que tous ceux qui fuient la guerre en Irak et en Syrie, seront accueillis en Europe, sinon nos sociétés seront déstabilisées", a déclaré Manuel Valls au cours de cette interview filmée.

Pour lui, l'Europe a besoin de prendre des mesures urgentes pour contrôler ses frontières extérieures : "Il faut que l'Europe et les Etats membres soient beaucoup plus actifs pour qu'on puisse enregistrer les migrants et pour qu'on puisse dire : 'Ceux qui ont le droit d'asile seront accueillis et pas les autres'. (...) Si l'Europe n'est pas capable de protéger ses frontières, c'est l'idée même d'Europe qui va être mise en cause."