Ouverture d'une enquête pour "apologie du terrorisme" après les propos de Jean-Marc Rouillan sur les attentats du 13 novembre

Dans une interview accordée à une radio associative, l'ancien membre d'Action directe a vanté "le courage avec lequel se sont battus les terroristes dans les rues de Paris en sachant qu’il y avait près de 3 000 flics autour d'eux".

Jean-Marc Rouillan, un des cofondateurs d'Action directe, le 18 mai 2012 à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Jean-Marc Rouillan, un des cofondateurs d'Action directe, le 18 mai 2012 à Marseille (Bouches-du-Rhône). (BORIS HORVAT / AFP)
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Une enquête pour "apologie du terrorisme" a été ouverte après les propos de Jean-Marc Rouillan, indique, lundi 7 mars, le parquet de Paris à francetv info. Il confirme ainsi une information de BFMTV

"Je les ai trouvés très courageux, ils se sont battus très courageusement. Ils se battent dans les rues de Paris, ils savent qu'il y a 2 000 ou 3 000 flics derrière eux, souvent ils ne préparent même pas leur sortie parce qu'ils pensent qu'ils vont être tués avant même l'opération. Ensuite, ils restent les bras ballants en disant 'merde, on a survécu à tout cela'", a déclaré l'ancien membre d'Action directe en parlant des auteurs des attentats du 13 novembre à Paris. Il s'est exprimé le 23 février dans une interview accordée à une radio associative marseillaise, Radio Grenouille, associée au journal satirique Le Ravi.

Un ex-activiste condamné pour assassinats

"Les frères Kouachi, quand ils étaient dans l'imprimerie, ils se sont battus jusqu'à la dernière balle. On peut dire qu'on est contre leurs idées réactionnaires, mais on ne peut pas dire que ces gamins sont lâches", ajoute Jean-Marc Rouillan, tout en condamnant au cours de l'émission l'idéologie du groupe Etat islamique.

Jean-Marc Rouillan était un membre d'Action directe, groupe d'extrême gauche connu pour ses actions meurtrières dans les années 1980. Il a été condamné en 1989 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 18 ans, pour les assassinats du général Audran et du PDG de Renault, Georges Besse. Il est en liberté conditionnelle depuis 2012.

Le père d'une victime du Bataclan veut des "sanctions"

Président de l'association de victimes 13 novembre : Fraternité et vérité, Georges Salines a réagi sur Twitter en annonçant "envisager tout moyen d'action pour que ce sinistre individu soit sanctionné".

Contacté par francetv info, Georges Salines dit "n'avoir encore pu consulter un avocat". Mais il a pris acte que le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "apologie du terrorisme" et que Jean-Marc Rouillan, "sous contrôle judiciaire sous condition qu'il ne s'exprime pas sur le terrorisme", sera probablement sanctionné.

"Ce n'est pas ma conception du courage"

Le père de Lola Salines, assassinée au Bataclan le 13 novembre, s'interroge aussi sur le rôle joué par le mensuel Le Ravi, qui a interviewé Jean-Marc Rouillan : "C'est la liberté de la presse, bien sûr, mais ces propos sont une agression vis-à-vis des victimes et de leurs proches".  Il ajoute : "Je ne sais pas ce qu'on va faire. On ne veut pas non plus donner de l'écho, de l'importance, à des propos qui méritent plus le mépris que la colère." Avant de conclure : "Parler de courage par rapport à des gens qui tirent à la kalachnikov sur des personnes désarmées... Ce n'est pas ma conception du courage."   

Joint par francetv info, l'avocat de Jean-Marc Rouillan, Jean-Louis Chalanset, a estimé que son client avait commis "une maladresse. Dans le reste de l'interview, il critique Daech et ceux qui ont commis l'attentat du 13 novembre. Il ne fait pas l'apologie du terrorisme."