Projet d'attentat déjoué : Reda Kriket mis en examen et écroué pour "association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste"

Un important arsenal avait été retrouvé la semaine dernière à son domicile d'Argenteuil.

Photo non datée de Reda Kriket, diffusée en novembre 2015 dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris. 
Photo non datée de Reda Kriket, diffusée en novembre 2015 dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris.  (DR)
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Reda Kriket, principal suspect dans un projet d'attentat déjoué en France, a été mis en examen et placé en détention provisoire, mercredi 30 mars. Ce Français de 34 ans, arrêté jeudi 24 mars en région parisienne, est visé par de nombreux chefs d'accusation, dont la liste a été lue par le procureur de Paris, François Molins, lors d'une conférence de presse : "participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle", "acquisition, détention et cession d'armes de catégories A et B en bande organisée", "fabrication en bande organisée d'engins explosifs ou incendiaires", "détention et transports de substances et produits incendiaires ou explosifs en vue de la préparation d'atteinte aux personnes par substance explosive", toutes ces infractions étant e "toute infraction en relation avec une entre terroriste".

Le procureur est revenu sur l'impressionnant arsenal retrouvé dans l'appartement de Reda Kriket, à Argenteuil (Val-d'Oise), lors de la perquisition menée après son arrestation.

Un arsenal impressionnant

Cet arsenal, constitué de produits chimiques et d'armes, "constituait à l'évidence les préparatifs d'une action terroriste imminente", a déclaré le procureur en passant en revue les éléments retrouvés dans l'appartement. La liste ne laisse guère de doute sur leur finalité : eau oxygénée, acétone, explosifs de type TATP, thermomètres, seringues, balance électronique, détonateurs, billes d'acier, mais aussi, enfermés dans un coffre-fort, de la glycérine acide, des explosifs industriels, des kalachnikovs et des armes de poing...

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"La découverte de cette cache a permis d'éviter la commission d'actions d'une extrême violence par un réseau terroriste prêt à passer à l'acte", a affirmé François Molins, ajoutant que cinq passeports volés avaient également été retrouvés dans cet "appartement conspiratif". Les enquêteurs n'ont pour le moment pas réussi à identifier les cibles potentielles de l'action qui se préparait.

Membre d'une filière d'acheminement de jihadistes 

Reda Kriket a été condamné en juillet 2015 à Bruxelles à dix ans de prison par défaut lors d'un vaste procès d'acheminement de jihadistes vers la Syrie. Le jugement soulignait que l'accusé avait déjà été condamné à cinq ans de prison à Nanterre en 2005.

La filière dans laquelle impliquée Reda Kriket était dirigée par un Bruxellois de 41 ans, Khalid Zerkani, qualifié par les autorités judiciaires belges de "plus grand recruteur de candidats au jihad qu'on ait jamais connu en Belgique".

Au total, 28 personnes avaient été condamnées le 29 juillet 2015 dans cette filière qui avait recruté et envoyé nombreux jeunes, parmi lesquels figuraient Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh, deux des auteurs des attentats du 13 novembre. Abdelhamid Abaaoud, tué le 18 novembre 2015 dans l'assaut du Raid contre l'appartement de Saint-Denis dans lequel il avait trouvé refuge, avait été condamné, en son absence, à vingt ans de réclusion.