Une arrestation qui n'est pas le fruit du hasard

Mardi, la perquisition menée dans l'appartement de Forest, où s'est caché Salah Abdeslam, s'est conclue par plusieurs fusillades, un mort, et la fuite de deux suspects. Cette opération a ainsi été présentée, y compris par les autorités belges, comme une opération de routine qui a mal tourné. Pour Le Monde, "c’est à la faveur d’un heureux hasard – et d’un curieux manque de flair – que les enquêteurs ont fortuitement découvert, trois jours avant l’assaut de vendredi, la planque de Salah Abdeslam et de ses complices."

Or, "ce n'est pas par hasard qu'on est arrivé à Forest", a encore assuré samedi le procureur Van Leeuw. "Ce n'est pas n'importe quelle équipe qui s'y trouvait, c'étaient des policiers d'unités antiterroristes", a-t-il rappelé.

Dès vendredi, le Premier ministre belge avait dû défendre les services de polices, à la sortie d'un conseil de défense : ces arrestations ne sont "pas le fruit du hasard mais d'un travail patient, minutieux et professionnel des services de police", avait-il martelé, rappelant qu'entre "300 et 400" enquêteurs avaient été mobilisés sur cette affaire.

"Les enquêteurs ont fait de la triangulation téléphonique, du bornage", relève Claude Moniquet, ancien membre de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), cité par francetv info. "Ils ont suivi les téléphones qui avaient quitté la zone de Forest après l’intervention, ils ont resserré la surveillance sur les gens de Molenbeek susceptibles de porter assistance à Abdeslam. Ils ont également mis la pression sur quelques personnes le jeudi de l’enterrement du frère de Salah, Brahim, l’un des kamikazes du 13 novembre. Et là, semble-t-il, un informateur a lâché le bon renseignement", détaille l'expert.