Bataclan : les enquêteurs sur la trace de "Souleymane", un jihadiste français parti en Syrie

Après l'audition d'un survivant des attentats, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) cherche à déterminer le rôle de Charaffe El-Mouadan, dont le surnom a été cité par un des assaillants.

Des policiers déployés près du Bataclan, le 13 novembre 2015, à Paris.
Des policiers déployés près du Bataclan, le 13 novembre 2015, à Paris. (CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS)

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Son nom vient d'apparaître dans l'enquête sur les attentats du 13 novembre. Selon des informations révélées, lundi 21 décembre, par Le Parisienun Français de 27 ans figure désormais sur la liste des hommes recherchés par les enquêteurs. Il est susceptible d'être impliqué dans les attaques terroristes qui ont fait 130 morts, à Paris et à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Son nom : Charaffe El-Mouadan, alias "Souleymane". 

Selon le quotidien, qui cite notamment le témoignage d'un rescapé, il aurait été mentionné par les tueurs du Bataclan le soir du drame. 

Originaire de Drancy, comme Samy Amimour 

Selon Le Parisien, Charaffe El-Mouadan est "un ami d'enfance" de Samy Amimour, l'un des trois kamikazes du Bataclan. Les deux hommes, qui ont à peu près le même âge - le second venait de fêter ses 28 ans -, ont grandi ensemble à Drancy (Seine-Saint-Denis), explique le quotidien.  

Si Samy Amimour a été présenté comme une jeune homme "sérieux et apprécié" par ceux qui l'ont côtoyé, Le Parisien donne peu de détails sur la personnalité de ce nouveau suspect. Il est toutefois décrit comme charismatique. Il aurait été "le leader" d'un trio formé avec Samy Amimour et Samir Bouabout.

Formé au tir, puis mis en examen en 2012 

En octobre 2012, le trio est mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme, relève Le Parisien. Selon le quotidien, les trois hommes projetaient "de gagner le Yémen ou l'Afghanistan pour y mener le jihad armé". 

Dans le cadre de cette préparation, celui qui se fera appeler "Souleymane" a pris "des cours de tirs, au sein de l'Association nationale de tir de la police (ANTP), dans le 18e arrondissement [de Paris]", poursuit le quotidien. 

Passé par la Syrie 

Un proche de l'enquête, cité par Le Parisien, confirme par ailleurs qu'"Charaffe El-Mouadan et ses deux amis d'enfance [Samy Amimour et Samir Bouabout] se sont rejoints après avoir rallié les rangs de Daech [acronyme désignant le groupe Etat islamique]."

Si l'on sait que Samy Amimour a quitté Drancy le 11 septembre 2013, pour faire le jihad en Syrie, la date à laquelle "Souleymane" a rejoint les rangs de l'Etat islamique n'a pas été communiquée. 

Identifié grâce à un rescapé du Bataclan

C'est un témoin, qui se trouvait à l'intérieur de la salle de concert attaquée le 13 novembre, qui a mis les enquêteurs sur la piste de "Souleymane", explique Le Parisien. Lors de son audition, le rescapé a confié avoir entendu une conversation entre deux des terroristes. L'un d'eux a demandé à l'autre s'il "comptait appeler Souleymane", raconte le quotidien. Un nom qui, couplé à celui de Samy Amimour, a suffi à mettre la puce à l'oreille des enquêteurs.