Des dizaines de milliers d'internautes réclament la naturalisation de "Didi", vigile et héros du Bataclan

Alors qu'il se trouvait à l'extérieur, "Didi" a pénétré dans la salle de concert où se trouvaient les terroristes pour aider les spectateurs à s'échapper.

Le café du Bataclan, qui jouxte la salle de concert, le 26 novembre 2015, à Paris.
Le café du Bataclan, qui jouxte la salle de concert, le 26 novembre 2015, à Paris. (ALAIN ROBERT / APERCU / SIPA)
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"Il aurait pu s'enfuir en entendant les coups de feu (...). Mais il a fait le choix d'entrer dans la salle pour avertir les spectateurs et les conduire vers les issues de secours". Près de 35 000 personnes avaient signé dimanche 17 janvier une pétition réclamant la naturalisation de "Didi", Algérien de 35 ans et "héros oublié du Bataclan", où il travaillait comme vigile durant les attentats du 13 novembre.

Son "sang-froid", "à toute épreuve" et "hors du commun", a "permis de sauver la vie de dizaines de spectateurs", poursuit la pétition, lancée il y a trois semaines par Thiaba Bruni, porte-parole et vice-présidente du Cran, le Conseil représentatif des associations noires. Or "Didi", "arrivé en France à l'âge de six mois", "demande la naturalisation et la mérite simplement", d'après ce texte.

"Je me sens plus Français que certains qui le sont"

"Avant les attentats, j'avais déjà réuni pratiquement tous les documents. J'attendais juste un bordereau du Trésor public" pour déposer la demande, a expliqué à l'AFP l'intéressé, qui pendant longtemps n'était "même pas au courant de la pétition""J'ai vécu uniquement en France. Je me sens peut-être plus français que d'autres personnes qui le sont", a poursuivi ce titulaire d'une carte de séjour de 10 ans, "en situation régulière depuis toujours".

Le chef des vigiles du Bataclan, où il travaillait depuis dix ans, ne souhaite pas que son nom ou sa photo soient rendus publics car il "n'a pas besoin de reconnaissance plus que cela".

Le 13 novembre, "Didi" est entré une première fois dans le Bataclan alors que le commando s'en approchait puis une seconde alors que les assaillants tiraient sur la foule, afin d'aider les spectateurs à s'échapper. Après dix minutes passées "allongé dans la fosse" et alors que les jihadistes "commençaient à recharger" leurs armes, "je me suis dit que c'était le moment. Je me suis levé, tous les gens autour de moi ont fait de même. Ca a fait une première vague, une deuxième vague" jusqu'à une sortie de secours, a-t-il raconté.

"De la bravoure, mais pas de l'héroïsme"

"Dans toute l'horreur de la situation, j'ai, pour la première fois de ma vie, vu un vrai héros", a confié une signataire de la pétition, Myriam Péron, qui dit "faire partie des gens que Didi a aidés", "non seulement en ouvrant les issues du Bataclan, mais aussi en organisant les secours dans l'immeuble où nous avions trouvé refuge""Alors s'il existe une chance de le remercier, il faut la saisir, et massivement", a-t-elle poursuivi. "Je suis honorée qu'il désire la nationalité française. On devrait tous l'être. Merci Didi."

"Le titre de héros, c'est pour les morts, les blessés graves, qu'il faut le garder. Dans mon cas, on peut peut-être parler d'un acte de bravoure, de sang-froid, mais pas d'héroïsme", a réagi le vigile, "touché" par ces témoignages.